J’ai lu Guerre et Paix, désormais je peux me la raconter !

Dans ta barbe, Léon ! Ouais gros ! (Langage de racaille littéraire) 😛

Sérieusement, je suis fière de moi sur ce coup-là parce que je ne pensais pas que je parviendrais à dompter la Bête Tolstoïenne un jour, ainsi que je vous l’avais raconté ici. Mais après avoir lu et aimé Anna Karénine (dont je parle là), je m’étais dit que je ferais un dernier essai avec Guère Epais (oui ça me fait marrer, pardon my humour pourri 😀 ) : tout ce dont j’avais besoin, c’était d’un gros coup de pied au popotin petit coup de pouce. Ainsi, quand Eliza du blog Lectures & Co a décidé d’organiser une lecture coachée au long cours du mastodonte j’ai saisi l’occasion, et fin janvier j’ai donc entamé Brique N°1, qu’il m’a fallu deux mois pour lire. Ce fut ensuite le tour de Brique N°2, que j’ai refermé définitivement en mai. Quatre mois au cours desquels j’ai parfois lutté avec le Léviathan des grands romans russes mais que je ne regrette pas. Je tiens d’ailleurs à remercier Eliza pour avoir initié cette lecture commune, parce que sans elle je n’aurais probablement jamais lu Guerre et Paix : alors spasiba Eliza, grâce à toi je peux désormais me la raconter 😀 !

Guerre et Paix, tome 1

C’est maintenant que la bonne blague commence. Je suis censée chroniquer Guerre et Paix mais comment voulez-vous chroniquer un tel monstre ? Impossible. Disons que je vais faire un semblant de chronique 🙂 .

Débutons par quelques repères spatio-temporels : l’action se déroule principalement en Russie (mouahaha, on ne s’en doutait pas), entre 1805 et 1820, et l’intrigue se concentre sur les guerres de 1805 et 1812 entre la France de Napoléon Ier et la Russie d’Alexandre Ier (avec d’autres pays au milieu mais là je vous renvoie à vos cours d’histoire. Enfin à Wikipedia, quoi 😛 ).

C’est donc dans ce contexte qu’évoluent les personnages guerre-et-paixiens qui sont si nombreux que je vous parlerai seulement des trois principaux : la comtesse Natacha Rostov, qui a seulement 13 ans lorsque l’histoire commence ; le prince André Bolkonsky, officier dans l’armée impériale ; et le comte Pierre Bézoukhov, riche aristocrate. Je n’entrerai pas dans le détail des interactions impliquant ce trio, d’une part parce que ce serait trop long, d’autre part parce que ce serait vous spoiler – si vous voulez savoir ce qu’il se passe entre ces trois-là, eh bien vous n’avez qu’à lire le roman vous-même et toc 😀 !

Je peux cependant vous dire ce que j’ai pensé d’eux. Eh bien d’abord, il semblerait que les héroïnes tolstoïennes et moi soyons fâchées parce que j’avais déjà détesté Anna Karénine et que là j’ai eu du mal avec Natacha. Au début, elle n’est encore qu’une enfant exubérante et elle est amusante avec son côté chien fou ; mais plus j’avançais dans le récit, plus elle me tapait sur le système. De plus, à la fin du premier tome, elle fait quelque chose qui m’a beaucoup énervée : à tel point que j’ai terminé le roman en la qualifiant de petite idiote !

Pour le prince André, ce fut le contraire : j’ai mis un bon moment avant de commencer à l’apprécier (au début il est vraiment hautain et froid) mais j’ai fini par en tomber un peu amoureuse (oui, même dans Guerre et Paix je réussis à midinetter ^^), même s’il m’a parfois cassé les pieds avec son amertume et son pessimisme, et que je trouve qu’il a manqué de combativité. En plus, il a vraiment des goûts déplorables en matière de femmes. Ha.

Il n’y a que Pierre que j’ai aimé d’un bout à l’autre du roman. Le prince André et lui sont amis et partagent la caractéristique d’avoir une vie intérieure riche et intense, et d’être hantés par des questionnements philosophiques et métaphysiques : la différence étant que le prince André possède une personnalité plutôt sombre alors que celle de Pierre est solaire.

Côté personnages secondaires, j’ai beaucoup aimé le vieux prince Nicolas (qui m’a bien fait rire) et la princesse Marie (qui est très attachante), le père et la sœur du prince André.

Cependant, Guerre et Paix étant un roman historique, les péripéties des protagonistes ne sont finalement qu’un prétexte pour chroniquer les tentatives de Napoléon Bonaparte pour conquérir la Russie : le premier tome se focalise sur la Guerre de la Troisième Coalition et le second sur la Campagne de Russie, qui fait partie de la Guerre de la Sixième Coalition. Ces précisions historiques vous ennuient déjà ? Dans ce cas, je vous déconseille de lire le roman ! De longues parties de celui-ci se déroulent en effet au front et racontent les batailles qui s’y livrent dans le moindre détail : j’ai bien tenu le coup durant Brique N°1, trouvant même certaines scènes de combat captivantes ; mais j’avoue que pour Brique N°2 j’ai lu ces mêmes scènes en diagonale. Si j’ai admiré la minutie avec laquelle Tolstoï recréé les affrontements ainsi que sa façon de décrire l’enthousiasme et la ferveur des soldats russes, son récit est néanmoins souvent alourdi par une multitude de détails et de nombreuses répétitions – car oui, Léon radote. Enfin Léon a surtout publié Guerre et Paix en feuilleton, de 1865 à 1869, et donc Léon tartine beaucoup par moments 🙂 .

Tolstoï intervient aussi énormément dans la narration, nous livrant une véritable analyse des guerres franco-russes qui, bien que trop longue et redondante comme je l’ai dit, n’en est pas moins intéressante et remet en perspective ce qu’on nous a enseigné en cours d’histoire. 

Guerre et Paix, tome 2

Pendant que je lisais Guère Epais (ah j’avais prévenu hein ! Au fait, connaissez-vous l’auteur de ce jeu de mots ? Parce que le Googloracle n’arrive pas à me trouver l’info), on me demandait sans cesse : « mais comment tu fais ? ». Ce à quoi, fidèle à mon humour pourri, je répondais parfois « j’ouvre le bouquin et je lis » 😛 .

Plus sérieusement, je ne sais toujours pas moi-même comment j’ai réussi à mater le mastodonte ! Surtout que j’ai pas mal galéré avec Brique N°2 : alors que je venais tout juste de la commencer, j’ai été spoilée par la chronique d’une blogueuse à propos de la fin du roman et, dégoûtée par ma découverte, j’ai failli jeter l’éponge. A partir de là, j’ai vraiment dû m’accrocher, en me disant que peut-être j’avais mal compris et que ça n’allait pas se finir ainsi.

Malheureusement j’avais bien compris. J’ai détesté, mais alors détesté, la fin de Guerre et Paix, plus précisément la manière dont Tolstoï termine l’histoire de Natacha, André et Pierre. Arrivée à la dernière page, j’ai eu comme une grosse envie de crier « remboursez » en russe tant j’étais frustrée de m’être farci deux mille pages pour être aussi déçue par cette conclusion. Sérieux Léon, c’est quoi ça, heiiiiin ?!

« Sinon, au final, t’as aimé ou bien ? » Alors là, je n’en sais rien. Je n’ai pas adoré et je n’ai pas détesté. J’ai aimé certaines parties du récit, d’autres m’ont franchement ennuyée. J’ai aimé certains personnages à certains moments. J’ai aimé la plume de Tolstoï à certains endroits, moins à d’autres. Mais je ne saurais dire si j’ai aimé le roman ou non.

Tout ce que je sais, c’est que j’ai lu Guerre et Paix et que désormais je peux grave me la raconter 😀 !

15 réflexions au sujet de « J’ai lu Guerre et Paix, désormais je peux me la raconter ! »

  1. Félicitations, je ne me suis jamais senti capable de l’affronter entièrement. Comme Napoléon j’ai dû m’arrêter en chemin (seul élément de comparaison ). Merci pour ta chronique très rafraîchissante de ce monument.

  2. Et comment dit-on « Remboursez !! » en russe ?
    Bon… il faudrait que je les attaque, ces deux briques… (enfin, chez moi quatre, car j’ai une vieeeiiille édition reliée faux cuir, quatre mastodontes que je n’arrive à ranger nulle part. J’hésite à racheter la version poche). En tout cas, ta chronique donne bien envie (malgré tout) de s’y attaquer soi-même !

    • Le lire c’était un défi personnel, ce livre me narguait depuis trop longtemps 😀

      Et on ne peut pas vraiment dire que je l’ai chroniqué, disons que j’ai contourné la difficulté, lol !

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