Blue Jasmine et deux autres films

J’ai tellement de retard dans mes séries qu’en ce moment je privilégie ces dernières, au détriment du cinéma. Néanmoins, comme les éléments de ma longue liste de films-à-voir ne vont pas se regarder tout seuls, dès que l’un de ces films est diffusé à la télé, j’en profite pour le visionner. En février, j’ai ainsi pu cocher trois items sur ma liste : Blue Jasmine, Up in the Air et Insaisissables.

Cate Blanchett et Sally Hawkins dans Blue Jasmine

Blue Jasmine – Woody Allen (2013). Alors vraiment Woody, sur ce coup-là, je ne te remercie pas. Non parce que ça fait des années que j’ai pour projet de me faire toute ta filmographie (j’ai vu pas mal de tes films mais surtout des anciens : je suis assez à la bourre en ce qui concerne tes œuvres post-2000 – sans parler de ta manie d’en sortir un par an, ce qui n’arrange rien) et voilà qu’un soir morose de février, m’apercevant que Blue Jasmine est diffusé à la télé, je me dis « tiens c’est une bonne idée pour entamer mon Woody Project, d’autant que je sens que je vais rigoler avec ce film » (car pour je ne sais quelle raison, j’étais persuadée qu’il s’agissait d’une comédie hilarante) – et pour tout te dire, Woody, j’avais sacrément besoin de me marrer ce jour-là. Sauf que qu’est-ce que j’ai eu à la place ? Un film qui m’a déprimée, mais déprimée… A tel point que je n’arrive même pas à déterminer si je l’ai aimé ou pas !

Après avoir perdu son mari et sa fortune (le premier était un escroc qui s’est suicidé en prison, la seconde a servi à payer les dettes), Jasmine (Cate Blanchett) quitte les beaux quartiers new-yorkais pour aller se réfugier à San Francisco chez sa sœur Ginger (Sally Hawkins), une mère célibataire qui élève ses deux enfants sur son salaire de vendeuse. Evidemment, c’est le clash des classes : Jasmine, affreusement snob, méprise la façon de vivre de Ginger et encore plus Chili, le petit ami de sa sœur. Pour autant, Blue Jasmine n’est pas aussi manichéen qu’on pourrait le penser de prime abord : il ne s’agit pas de la sœur riche et détestable contre la sœur pauvre et attachante, c’est plus nuancé que cela et c’est ce qui m’a plu dans ce film. Certes, au début, Jasmine est agaçante avec ses airs hautains mais peu à peu il devient évident qu’elle souffre d’une sévère dépression, ce qui, vous vous en doutez, a suscité mon empathie. De plus, elle essaie de s’en sortir comme elle peut. De son côté, Ginger m’est devenue moins sympathique au fil de l’histoire parce qu’on finit par se rendre compte que Jasmine a raison au sujet de sa sœur : celle-ci manque d’ambition et mérite surtout mieux que les pauvres types qu’elle choisit pour partenaires.

Cate Blanchett dans Blue Jasmine

J’avais totalement oublié que Cate Blanchett avait gagné l’Oscar de la Meilleure Actrice en 2014 pour sa prestation dans Blue Jasmine : récompense méritée parce qu’elle est phénoménale dans ce film. Elle a réussi à me faire exécuter une complète volte-face en ce qui concerne son personnage : au début, Jasmine m’horripilait tellement que j’avais envie de la gifler ; puis j’ai commencé à éprouver de la peine et de la compassion à son égard ; et à la fin, j’espérais de toutes mes forces que les choses s’arrangent pour elle – probablement parce que j’en étais arrivée à un peu me reconnaître en elle. 

L’ennui c’est que le film se termine d’une façon abrupte, qu’on ne sait pas ce qui advient finalement de Jasmine et que ça m’a fichue en vrac : j’en ai pleuré tout le reste de la soirée.

Non vraiment Woody, je ne te dis pas merci !

Vera Farmiga, George Clooney et Anna Kendrick dans Up in the Air

Up in the Air – Jason Reitman (2009). Encore un film que je pensais être une comédie tordante et qui m’a complètement plombé le moral. Faudrait peut-être que je vérifie mieux de quoi parlent les films avant de les regarder, hein.

Ryan Bingham (George Clooney) travaille pour une société de gestion des ressources humaines spécialisée dans le licenciement de masse : son métier consiste à sillonner les quatre coins des Etats-Unis pour aller annoncer à des gens qu’ils sont virés. Talk about a soul-crushing job

Voyageant les trois quarts de l’année, Ryan passe sa vie dans les avions et les hôtels. Il mène une existence solitaire : il n’est pas proche de sa famille, il ne semble pas avoir d’amis et étant allergique à l’engagement, il n’a pas de relation amoureuse stable ; quant à son seul hobby, il consiste à collectionner les miles.

J’ai aimé Ryan, qui semble désabusé, parfois cynique, mais qui n’en est pas moins humain sous sa carapace et qui est parfaitement conscient de la détresse qu’il cause à ceux qu’il renvoie – le film est d’ailleurs ponctué de scènes montrant les réactions des licenciés, passages qui m’ont serré le cœur. J’ai aimé le personnage de Natalie Keener (Anna Kendrick), la jeune collègue de Ryan, qui attend beaucoup de la vie et qui ne comprend pas la conception qu’a Ryan de cette dernière : un peu tête-à-claques au début, elle se révèle finalement touchante. Et j’ai adoré le traitement du personnage d’Alex (Vera Farmiga) qui sort des clichés habituels.

Je pense que si j’avais vu Up in the Air dans d’autres circonstances, je l’aurais probablement adoré parce qu’il s’agit indéniablement d’un bon film, bien écrit et bien interprété : cependant, je ne vous conseille pas de le regarder si vous êtes au chômage et en pleine dépression, sinon il risque de vous donner envie d’aller vous jeter du haut d’un pont. Ha.

Isla Fisher, Jesse Eisenberg, Woody Harrelson et Dave Franco dans Insaisissables

Insaisissables (Now You See Me) – Louis Leterrier (2013). A Las Vegas, The Four Horsemen, un groupe de magiciens – Daniel Atlas (Jesse Eisenberg), Henley Reeves (Isla Fisher), Merritt McKinney (Woody Harrelson) et Jack Wilder (Dave Franco) donnent un show spectaculaire à la fin duquel ils cambriolent une banque parisienne en direct, faisant pleuvoir les billets sur le public. La banque ayant bel et bien été braquée à ce moment-là, une équipe du FBI, dirigée par l’agent Dylan Rhodes (Mark Ruffalo ) s’intéresse de près à leurs agissements.

Le film est très rythmé, assez spectaculaire visuellement (notamment lors des scènes de magie) et j’aimé le jeu du chat et de la souris entre les Horsemen et le FBI. J’ai aimé me demander comment ils arrivent à exécuter leurs  tours et quelles sont leurs motivations : sont-ils des Robins des Bois modernes ou de véritables criminels ? J’ai aimé être partagée entre le fait de vouloir qu’ils s’en sortent et celui de vouloir que Dylan Rhodes leur mette la main dessus.

En matière de divertissement, le film remplit bien son office. Après, il ne faut pas trop y regarder de près parce que beaucoup de choses ne vont pas. Du côté de l’interprétation, malgré le cast haut de gamme (aux acteurs déjà cités, il faut ajouter Michael Caine et Morgan Freeman), il y a quelques bémols : Jesse Eisenberg parle souvent trop vite pour être compréhensible et Mélanie Laurent, qui joue un agent d’Interpol venu de France pour prêter main-forte au FBI, est totalement inexpressive (sans compter que son rôle ne sert strictement à rien). Ensuite, la révélation finale – qui n’a pas été une surprise pour moi étant donné qu’on finit quand même par s’en douter – bousille un peu toute l’intrigue en lui enlevant toute crédibilité : si l’on se repasse le film en connaissant la fin, on se rend compte que le scénario ne tient plus debout. Enfin, la dernière scène est complètement tartignole et inutile. 

Une suite (Now You See Me 2) est annoncée pour cet été.

8 réflexions au sujet de « Blue Jasmine et deux autres films »

    • J’aime beaucoup Sally aussi 🙂

      Et Now You See Me est vraiment bon en termes de divertissement ! En termes de cohérence, c’est moins ça en revanche ^^

  1. Tout à fait d’accord avec les deux premiers, c’est le genre de films que je m’inflige en ayant l’impression d’en sortir un peu plus intelligente et beaucoup plus déprimée. Par contre Insaisissables j’ai adoré et j’attends le 2 avec impatience, mais il faut dire que j’ai la capacité d’émerveillement d’un gamin de deux ans 😀

    • Non mais moi le pire, c’est que j’étais persuadée que c’étaient deux comédies tordantes 😀

      Pour Insaisissables, je souffre du syndrome Odieux Connard : depuis que je lis son blog, je ne peux plus regarder un film sans en voir les incohérences – et il faut vraiment que j’adore le film pour passer au-dessus ^^. Et là j’ai aimé mais ce n’est pas un coup de cœur non plus… même s’il y a Chouchou Mark Ruffalo dedans 😛

  2. C’est sûr que Up in the Air n’est pas une franche comédie, c’est plutôt une comédie douce-amère. En tout cas, j’avais beaucoup aimé ce film quand j’étais allée le voir. Et j’avais aussi beaucoup aimé Insaisissables super divertissement. Après faut pas aller chercher plus loin 🙂 Je vois ton commentaire sur Odieux Connard (que je lis aussi de temps en temps), c’est un peu comme les bonus sur les DVDs, à force, tu ne vois que l’envers du décor et tu n’arrives plus à apprécier les films sans voir toutes les ficelles.
    Pour Blue Jasmine, je l’ai en DVD depuis un an, faut que je le regarde !

    • Up in the Air est un très bon film, c’est juste que c’était pas le bon soir… Mais c’est de ma faute, j’aurais dû mieux regarder de quoi il retournait exactement ^^

      Insaisissables est un super divertissement oui… mais depuis quelques années j’ai du mal à regarder un film sans chercher la petite bête 🙂

  3. Holala j’ai adoré Insaisissables et j’attends la suite avec impatience. Il est franchement original, c’est presque du jamais vu, et visuellement il est magnifique ! Je n’ai pas trop aimé Mélanie Laurent non plus…

    • Visuellement, il est effectivement réussi. J’ai vu le trailer pour la suite et apparemment, certains des acteurs n’ont pas rempilé et il y a Daniel Radcliffe dedans, ce qui m’a amusée ! Harry Potter qui fait des tours de magie ^^

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