Carnet de routes – Marie Lopez

Pendant longtemps, Marie Lopez – qui est le vrai nom d’EnjoyPhoenix – n’a été pour moi qu’une vague youtubeuse beauté (catégorie avec laquelle j’avoue avoir du mal, d’autant plus que ces demoiselles font généralement la promotion de produits bourrés de cochonneries qui m’horrifient^^) devenue célèbre suite à la vidéo dans laquelle elle raconte son harcèlement scolaire.

Puis en 2015, Marie a participé à Danse avec les stars et est devenue l’une de mes candidates préférées. Au fil de son parcours dans l’émission, je me suis de plus en plus attachée à elle, au point que j’ai commencé à suivre sa chaîne de vlogs. Je trouve qu’il y a quelque chose de touchant chez Marie, qui, en dépit du fait qu’elle soit la plus célèbre youtubeuse de France, me semble avoir conservé son authenticité : en tout cas, je ne la trouve pas aussi « fausse » que les quelques autres grandes youtubeuses beauté que je suis capable de citer.

J’avoue néanmoins avoir fait partie des gens qui ont bien rigolé en lisant des extraits de son premier livre, EnjoyMarie – tout en reconnaissant que je ne fais pas du tout partie de la cible de ce texte. Puis voilà que son second livre (et premier roman), Carnet de routes, a croisé la mienne, de route. J’étais intriguée, d’autant plus que les quelques échos que j’avais eus à son sujet étaient bons, et tous provenant de la part de personnes qui n’avaient pas aimé son précédent ouvrage.

Je l’ai donc lu. Et j’ai eu une très bonne surprise.

Carnet de routes - Marie Lopez

Cinq personnes se retrouvent régulièrement dans une auto-école lyonnaise : le moniteur et quatre élèves qui passent leur permis de conduire en même temps.

Cinq personnes dont chacune est née à un moment déterminant de la vie de celle qui la précède en âge.

Il y a Gaspard, 70 ans, ancien professeur d’université spécialiste en civilisations disparues, aussi érudit que jeune d’esprit, globe-trotter et vieux sage.

Il y a Antoine, 48 ans, accro au café, père divorcé de deux filles qu’il ne voit pas assez souvent, ce qui le fait se sentir coupable.

Il y a Éléonore, 24 ans, qui peine à se remettre d’une rupture douloureuse et qui lutte avec ses démons intérieurs.

Il y a Charlie, 20 ans, youtubeuse à succès, qui se débat avec la célébrité.

Il y a Marco, 18 ans, qui griffonne sans cesse dans un carnet et dont la présence apaise étrangement tous les autres.

Rien ne comble à jamais le vide, il faut faire face, regarder tout en bas et sauter par-dessus pour avancer. Tenter de combler le vide revient à faire du surplace. Le vide a une valeur, l’accepter c’est retrouver un élan.

J’ai beaucoup aimé ce roman feelgood et contemplatif, ainsi que la plume poétique et lumineuse de Marie Lopez. J’ai adoré cette idée de plusieurs inconnus liés à leur insu par le moment de leurs naissances respectives – dommage toutefois que l’auteur ne l’ait pas plus exploitée. J’ai apprécié le petit côté « livre de développement personnel » et la touche de réalisme magique que l’on trouve dans Carnet de routes. J’ai adoré les cinq protagonistes, notamment Charlie et Éléonore.

Le personnage de Charlie est d’autant plus intéressant que la jeune fille est incontestablement le double de Marie et que cette dernière l’utilise pour exposer l’envers du décor du quotidien pas toujours rose d’une célèbre youtubeuse : à travers Charlie, Marie Lopez montre comment la notoriété peut affecter les relations personnelles ainsi que générer des sentiments de solitude et de vide. Cependant, là encore, j’ai regretté que ce thème ne soit pas plus approfondi.

Si on connaît un peu la vie de l’auteur, il n’est pas bien difficile de deviner qu’elle a également mis pas mal d’elle en Éléonore, notamment en ce qui concerne l’échec de son histoire d’amour et l’analyse qui est faite de celui-ci.  Élé est un personnage qui m’a énormément touchée, d’autant qu’elle combat un trouble alimentaire qui m’affecte depuis l’adolescence (même si une fois de plus, le roman ne fait que survoler ce sujet).

Dans Carnet de routes, on croise aussi des conseils pour bien passer l’examen du code, une gargouille qui parle, un vieux bureau couvert de graffitis philosophiques et de jolies réflexions sur la vie.

En dépit du fait qu’il ne fasse qu’effleurer plusieurs thèmes dont j’aurais aimé qu’ils soient un peu plus exploités, pour un premier essai, je trouve ce roman plutôt réussi.

Etes-vous tentés de faire la connaissance de Gaspard, Antoine, Éléonore, Charlie et Marco ? Et que pensez-vous des youtubeurs qui sortent des livres ?

4 réflexions au sujet de « Carnet de routes – Marie Lopez »

  1. Je sais que tu n’es pas fan de ce genre de commentaire mais « ton article m’a donné envie d’en découvrir un peu plus sur ce livre ». Je n’avais pas eu envie de lire son premier livre parce que je n’avais pas été emballée et j’avais beaucoup d’a priori, ce qui explique le fait que je n’ai pas cherché à découvrir le second. J’avais peut être tort finalement…

    • Ah mais non, y’a aucun souci à me dire que j’ai donné envie de lire un livre ou voir un film, comme je le dis dans l’article sur les commentaires, ça me fait plaisir – puis je sais très bien qu’il n’y pas forcément grand-chose à dire sur la chronique d’un livre ou d’un film que l’on n’a pas soi-même lu ou vu 🙂

      Je n’ai pas lu le premier livre de Marie non plus, juste vu des extraits et cela m’avait suffit pour avoir des a priori moi aussi ! Mais « Carnets de routes » est différent de par le fait qu’il soit un roman et surtout je pense qu’il a bénéficié d’un vrai travail éditorial, ce qui n’était probablement pas le cas de son premier livre.

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