Sur la plage, des sangliers (La neuneu des collines #12)

Petits bouts de la vie ultra-glam’ et passionnante d’un boulet professionnel

Cet été, je n’ai pas chômé en matière de bouletterie. Cependant, je suis loin d’être la seule !

Jeune femme portant un chapeau bleu allongée sur la plage

Perles de plage

Ayant la chance de vivre dans une petite station balnéaire située au bord de la Méditerranée, je vais beaucoup à la plage durant l’été.

Or il faut savoir que je suis une grosse curieuse qui adore écouter les conversations des gens autour de moi. Sans compter que les plages de ma ville sont tellement bondées en juillet-août qu’il est difficile de ne pas entendre certaines discussions, même si l’on ne joue pas les vilaines espionnes.

Chaque été, j’entends donc pas mal de perles à la plage et cette année, j’ai enfin pris la peine de les noter !

 

Deux dames installées devant moi papotent (ou plutôt, bitchent sur leurs connaissances communes ^^).

Dame n°1 (ton désapprobateur de sudiste) : Elle est du Nord, mais du Nord de chez Nord !

Dame n°2 : Elle est d’où ?

Dame n°1 (ton encore plus désapprobateur de sudiste) : De Saint-Etienne.

Quand je dis que pour nous autres les gens du Sud-Est le Nord commence après Montélimar, on pense toujours que j’exagère. La preuve que non !

 

Un groupe d’amis discute du meilleur moyen de tenir les moustiques à distance.

Une dame : La levure de bière, ça fonctionne bien contre les moustiques.

Un monsieur : Sauf si ce sont des moustiques belges !

 

Une petite fille d’environ 5 ans demande à sa tante s’il y a des requins dans la mer. Sa tante lui répond que oui.

Nièce (pas rassurée) : Mais ils sont loin ?

Tante (en mode troll) : Ah non, ils viennent tout le temps au bord de l’eau !

Nièce (à présent vraiment inquiète) : Mais ils vont pas venir nous manger ?

Tante (clairement indigne) : Ah si ! Tu crois que ça mange quoi, un requin ?

J’adore troller mon neveu de 3 ans et demi, mais je ne lui dirais jamais un truc pareil, d’autant plus que j’ai moi-même la psychose des requins (merci Steven Spielberg) et que je deviens hystérique à la vue du moindre truc vaguement triangulaire dépassant de la surface.

Il y a pas mal d’années, j’ai d’ailleurs fait très peur à un monsieur qui nageait tranquillement sous l’eau avec masque et tuba à côté de moi – ou du moins qui pensait nager tranquillement jusqu’à ce qu’une espèce de névrosée de la requinerie l’accuse d’être un squale.

Ha. Imaginez la scène si j’avais carrément appelé la police.

Agent de police : La jeune fille déclare que vous avez essayé de la dévorer.

Plongeur : M’enfin m’sieur l’agent, vous voyez bien que je ne suis pas un requin !

Agent de police (suspicieux) : Mouiiiiiiii. C’est ce qu’ils disent tous. (Désignant l’objet que le plongeur tient à la main) : Et ça, ce n’est pas un aileron peut-être ?

Plongeur : C’est un TUBA !

Agent de police (de plus en plus soupçonneux) : Mouais, mouais, mouais. Montrez-moi un peu vos dents pour voir. Et vous ne vous prénommeriez pas Bruce* par hasard ?

Bruce, le requin du Monde de Nemo

Puisque je parle de bestioles aquatiques qui veulent me becqueter, un soir des poissons assez gros sont venus nager autour de mes jambes, en me donnant de petits coups de museau sur les chevilles. Comme c’était la première fois que cela m’arrivait (d’habitude ils ont peur et ne s’approchent jamais), au début j’ai trouvé ça marrant.

Puis tout à coup, sortie de nulle part, une image de piranhas, une serviette autour du cou et brandissant des couverts (bon d’accord, là j’en rajoute un peu ^^), est apparue dans mon esprit… et je suis sortie de l’eau à toute vitesse.

Ce n’est qu’une fois assise sur la plage que je me suis souvenue que les piranhas sont des poissons d’eau douce.

 

Selon l’une de mes copines, le fameux dessin animé de Walt Disney qui raconte l’histoire d’une centaine de chiens blancs tachetés de noir pourchassés par l’affreuse Cruella De Vil s’appelle… Les 101 Daltoniens.

Je me suis payé un gros fou rire sur ma serviette de plage tandis qu’elle couinait, sous le regard amusé du groupe installé à côté de nous qui avait entendu sa boulette :

– Mais quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce que j’ai dit ?!

 

J’ai aussi entendu une dame décrire l’enterrement auquel elle avait assisté le matin même comme étant « sinistre » (ce qui m’a bien fait marrer), et une jeune femme se plaindre du fait que la plupart de ses amies en sont déjà à leur second mariage alors qu’elle n’a même pas encore trouvé son premier (emphase sur premier, s’il vous plaît) mari.

 

On arrive maintenant à l’échange le plus WTFesque que j’ai entendu cet été.

Un soir à la plage, deux jeunes hommes descendent bière sur bière (vous allez comprendre pourquoi je précise ce détail) tandis que l’un d’entre eux, visiblement arrivé dans ma ville quelques jours avant son ami, raconte à son pote ses mésaventures dans le Sud Sauvage.

Jeune Vacancier n°1 avait eu la malencontreuse idée d’aller faire son jogging dans un coin localement réputé pour abriter des sangliers, fait qu’en tant que touriste il ne pouvait pas connaître. Il explique donc qu’au détour d’un sentier, il s’est brusquement retrouvé face à un Pumbaa provençal.

Jeune Vacancier n°2 : Oh !  Il a dit quelque chose ?

Moi : … ?!?!

Jeune Vacancier n°1 : Non, il m’a juste regardé puis il est retourné dans le bois. Mais j’ai quand même fait demi-tour parce qu’on ne sait jamais.

Moi (intérieurement) : Mais évidemment, c’est un SANGLIER ! Tu t’attendais à quoi ? Qu’il te chante Hakuna Matata ?

En y réfléchissant, je pense que Jeune Vacancier n°2 voulait savoir si le sanglier avait grogné en direction de son ami, mais avouez que la formulation porte quand même à confusion.

Ou alors ils avaient vraiment trop forcé sur la bibine.

Pumbaa, Le Roi Lion

The walking dead

Ma radasse d’insomnie étant particulièrement prononcée depuis quelques mois, je reste parfois trois ou quatre jours d’affilée sans dormir, ce qui me transforme en Caro la Zombie.

Et un matin de la fin août, Caro la Zombie s’est violemment mangé la porte vitrée de son immeuble en pleine face parce qu’elle a oublié d’ouvrir ladite porte (elle n’avait même pas sorti ses clés) avant d’essayer de la franchir.

Ce qui a fait très peur à l’un de mes voisins qui arrivait juste derrière moi :

– Oh là là, vous avez dû vous faire mal ! Vous êtes sûre que ça va ? Vous ne voyez pas tout flou ? Vous voulez que je vous raccompagne à votre appartement ?

Imaginez la scène : vous vous écrasez le museau contre une porte et cinq secondes plus tard vous êtes assise sur le bord d’une jardinière et vous tentez d’expliquer à votre gentil voisin que vous êtes hélas coutumière de ce genre de cascade – ce qui n’est guère évident lorsque vous êtes en même temps en train d’hululer de rire tout en pressant une main sur votre joue gauche qui enfle à vue d’œil.

Curieusement (^^), mon hilarité ne l’a pas du tout rassuré : je pouvais presque lire l’expression « commotion cérébrale » dans ses yeux, et j’ai eu du mal à le convaincre que j’allais bien !

 

Caro la Zombie a aussi parfois des petits soucis de compréhension.

Un après-midi, une copine qui devait assister à un mariage ultra-chic et qui stressait au sujet de sa tenue depuis des semaines, me demande subitement sur WhatsApp, alors qu’elle se trouve dans une boutique en train d’effectuer des essayages (ce qu’elle n’a pas précisé) :

– Tu crois que je peux porter du saumon au mariage ?

Sauf que Caro la Zombie a lu :

 – Tu crois que je peux APPORTER du saumon au mariage ?

Moi (en pleine confusion) : Hein ? Mais pour quoi faire ?!

Copine : Ça ne fait pas assez classe ? Attends je vais t’envoyer une photo.

Durant les quelques minutes qui lui ont été nécessaires pour poster un cliché de la robe qu’elle était en train d’essayer, je me suis SÉRIEUSEMENT demandé pourquoi elle voulait emmener de la nourriture à un mariage et pourquoi elle tenait à m’envoyer une photo du saumon en question.

La robe était affreuse mais au moins on a bien rigolé.

 

Caro birthday planner (et c’est la dernière fois. Ha)

J’ai passé les deux premières semaines de septembre à organiser (avec mon beau-frère) la soirée d’anniversaire de ma sœur et j’étais tellement stressée à ce sujet (au point que des plaques rouges me sont carrément sorties sur le ventre – chose qui, alors que je possède tout de même le titre de Miss Super Anxieuse depuis 1982, ne m’était encore jamais arrivée) que j’en ai cauchemardé à plusieurs reprises.

L’un de ces cauchemars m’a beaucoup fait rire :

En plus de la soirée, nous avons également organisé une pyjama party : tous les invités restent dormir et un brunch est prévu pour le lendemain. La fête est une réussite, on installe des matelas dans le salon et sur la terrasse, ainsi que des sacs de couchage et des tentes sur la pelouse du jardin – et tout le monde passe une bonne nuit.

Cependant, le matin venu, je réalise que j’ai oublié de commander le brunch chez le traiteur, qu’il n’y a absolument plus rien à manger dans la maison et que j’ai une trentaine d’adultes et une dizaine de mômes affamés sur les bras. Mon cerveau affolé se met alors à chercher désespérément une solution. Il finit par la trouver et je m’écrie d’un ton soulagé :

– On n’a qu’à manger les enfants !

C’est là que mon subconscient, pourtant habitué à mes délires chelous, a trouvé que même pour lui c’était un peu trop tordu et m’a réveillée.

Je me suis alors posé deux questions : 1) est-ce qu’en tant que végétarienne je comptais moi aussi dévorer les gosses et 2) mes neveux figuraient-ils au menu ?

Et en parlant de neveux…

 

Etre tante ou glamour il faut choisir

MiniNeveu (3 ans et demi) a la tête sur mes genoux et me regarde par en-dessous lorsque soudain il s’écrie :

– Tatie, caca nez ! Caca nez, tatie !

Il est resté en boucle là-dessus pendant plusieurs minutes.

 

Durant le premier jour de mes règles, je souffre toujours le martyre. MiniNeveu, me voyant grimacer, me demande ce qu’il y a et je lui réponds que j’ai mal au ventre

MiniNeveu : Pourquoi tatie mal au ventre ? Tatie pas fait caca ?

Moi : …

Oui parce que pour lui, quand on a mal au ventre, c’est qu’on est constipé.

Heureusement que les deux fois nous étions chez ma sœur et pas en public, hein.

Comme je l’ai un jour dit à une copine qui s’apprêtait à devenir tante et me demandait des conseils : renonce à toute dignité.

Ou alors c’est juste que MiniNeveu et moi ne sommes pas sortables ^^.

Une échelle devant ma baie vitrée

Bienvenue parmi nous

Comme je vis au second étage et qu’en face de mes fenêtres se trouve seulement un petit bois, où se baladent uniquement quelques sangliers de temps en temps, je n’ai pas de rideaux chez moi. De plus, je ne baisse pas toujours le store de mon salon durant la nuit.

Un matin à 7h30, j’entre tranquillement dans ledit salon en t-shirt et petite culotte et je me retrouve face à une échelle courant le long de ma baie vitrée … ainsi qu’à un monsieur en train de grimper ladite échelle et qui m’apercevant, me fait un grand sourire au passage.

Bon, me dis-je, après avoir fait un bond de trois mètres avant de me précipiter hors de la pièce, pas grave, c’est sûrement un déménageur que je ne reverrai plus jamais, et ça lui fera une anecdote marrante à raconter.

Deux jours plus tard, je recroise le monsieur en question.

Il s’agit de mon nouveau voisin.

Parce que, ainsi que le chantait France Gall, EVIDEMMENT.

 

Je me disais aussi, c’est bizarre qu’autant de jeunes parlent d’une blanchisserie

Jusqu’au début de l’été, j’étais persuadée que Superdry (une marque britannique de vêtements) était le nom d’une chaîne de pressings. Soyez sympas et dites-moi que je ne suis pas la seule neuneu des collines à avoir cru ça !

Jamie Lee Curtis dans Freaky Friday

Pour conclure ce douzième numéro de La neuneu des collines, je vous propose un épisode de Tu sais que tu es vieille quand :

Tu sais que tu es vieille quand tu entends une jeune femme appeler son copain bae et que tu te demandes pourquoi elle le surnomme bêêêê comme le cri du mouton.

Et si vous êtes aussi ancien-ne que moi, voici la minute explication : 

Bae, que l’on suppose être une forme courte de baby, est un terme affectueux qu’on retrouve souvent sur les réseaux sociaux et que les jeunes emploient pour désigner leur chéri-e, ou même leur meilleur-e ami-e. L’expression serait issue de l’anglais vernaculaire afro-américain.

(BAE peut aussi être un acronyme anglophone signifiant before anyone else – « avant tout le monde » – et qui est utilisé pour signaler qu’on va dévoiler une information en avant-première ou un scoop).

Je connaissais le terme bae pour l’avoir vu maintes fois sur Twitter, mais en l’entendant prononcé à haute voix, je n’ai pas du tout fait le rapprochement !

C’est une copine plus jeune et plus à la page que moi qui m’a gentiment expliqué ^^.

__________

* Tous les requins s’appellent Bruce, même les requines.

25 réflexions au sujet de « Sur la plage, des sangliers (La neuneu des collines #12) »

    • Je connaissais pour l’avoir vu sur Twitter et entendu dans certaines vidéos anglophones, mais évidemment avec la prononciation française, qui plus est sudiste… ça donne « bê » 😛

      Apparemment ça commence à se répandre chez les jeunes, plusieurs personnes m’ont dit qu’elles connaissent des couples où ils s’appellent « bae » entre eux.

      Sinon ici on dit souvent « eh bé » à la place de « eh ben » – d’ailleurs moi-même je prononce « eh bé » ^^

  1. Je m’en remettrai pas de ton « bêêêêê » lol !!!
    Moi aussi niveau neuneuttitude j’ai pas chômé, entre le patron que je croise avec du chocolat plein la bouche, ma pièce de 1 euro disparue sous la machine à café du boulot, et mes multiples réveils en retard… lol !!!!

    • Non mais tu sais ce que c’est l’anglais avec l’accent bien de chez nous… Puis bon j’étais en période Caro la Zombie quand ça c’est passé 😛

      Tu as oublié le coup de la queue de cheval à la place de la queue de poisson et celui ta ceinture ! Sinon c’est quoi l’épisode de la pièce de 1 euro perdue ?

      • J’étais à la machine à café, et ma pièce m’a échappé de mes deux mains gauches, elle a roulé sous la machine. J’ai bien tenté de la récupérer mais à part de la poussière et un gâteau décomposé, j’ai rien trouvé -_-
        Heureusement vendredi j’ai vu le monsieur des machines, il me l’a récupérée hiiiiii 😀 je lui ai même proposé de lui offrir le café PTDR !!!!

        Ah oui la queue de cheval mythique ça aussi 😀

  2. Ahahah je me suis marrée du début à la fin et je me suis sentie, le temps de ton article, moins seule … je suis moi même une maladroite/désastre/machine à conneries…. ouf que c’etait bien ! Merciiii

    • Il paraît que c’est dans les bars qu’on entend les meilleures perles, mais je n’y vais jamais. Du coup je me rattrape à la plage (et aussi dans le bus, où j’entends parfois de ces trucs !) 😛

    • Ha ha, oui il faut faire attention si on ne veut pas se retrouver dans cette rubrique 🙂

      Je suis affreusement curieuse, du coup j’aime bien écouter ce que racontent les gens. A ma décharge, à la plage il est pratiquement impossible de ne pas entendre ce que disent mes voisins de serviette.

      Et sinon je suis juste une catastrophe ambulante 😛

    • Merci !
      Et oui, faut prendre l’habitude de noter brèves, anecdotes et boulettes, ça permet d’écrire des articles marrants ensuite ^^.

  3. J’ai adoré te lire, c’était bien drôle.
    J’en ai une pas mal aussi, cet été en Tunisie à la plage, hôtel plein de touristes avec mon cousin et son fils on regarde dans l’eau et on explique au petit qu’il y a des poissons dans l’eau. J’ai bien dit POISSON !
    Une maman nous a entendu, elle a pris son fils et est parti en criant que c’était dangereux et qu’il ne pouvait pas rester dans l’eau.

Dites un truc chouette, un truc à paillettes, un truc qui fait des claquettes ou même un truc qui n'a ni queue ni tête :-)