Tchou-Tchou (La neuneu des collines # 6)

Petits bouts de la vie ultra-glam’ et passionnante d’un boulet professionnel

En septembre dernier, j’ai pris le train pour aller au mariage d’une amie dans les Landes, et j’ai encore fait ma neuneu des collines. 

Sheldon - The Big Bang Theory - La neuneu des collines 6 - Caro Bleue Violette

Première partie du trajet aller : Toulon-Toulouse. Avec l’habituel arrêt à Marseille qui est toujours très long (souvent une demi-heure, parfois plus) sans qu’on sache jamais pourquoi. Nous sommes donc à quai, à essayer une fois de plus d’élucider l’énigme de pourquoi-est-ce-que-l’arrêt-à-Marseille-dure-toujours-trois-plombes, lorsqu’un homme ne portant pas l’uniforme de la SNCF monte soudain dans notre voiture, se plante au milieu de l’allée, et annonce bien fort : « Bonjour mesdames et messieurs, je vous demande de bien vouloir m’accorder quelques minutes de votre attention s’il vous plaît » .

La première pensée qui m’a alors traversé l’esprit fut : oh-mon-dieu-c’est-un-terroriste-on-va-tous-mourir-et-où-est-donc-ce-fichu-Jean-Hughes-Anglade-quand-on-a-besoin-de-lui-?

Ma seconde pensée fut de me dire que tiens, il est quand même super poli ce terroriste.

Il faut que je vous dise qu’à cause de l’attaque du Thalys qui avait eu lieu un mois plus tôt, j’angoissais un peu de prendre le train. Et vu la réaction des gens autour de moi, je peux vous dire que j’étais loin d’être la seule à immédiatement penser au coup du Thalys !

Au final, le monsieur était juste un porte-parole pour la cause des SDF, voulant nous rappeler que l’hiver approchait et qu’il fallait penser à ceux qui sont sans abri. J’ai trouvé l’initiative de sensibilisation sympa mais le pauvre ne s’est sûrement pas douté qu’il a fait flipper tout le wagon l’espace d’un instant ! 

Tchou-Tchou - Sheldon jouant au petit train électrique dans The Big Bang Theory - La neuneu des collines 6 - Caro Bleue Violette

Passons brièvement sur mon moment plouc-qui-débarque-de-sa-campagne à la gare de Toulouse où, apercevant un panneau indiquant le métro, je me suis exclamée à haute voix, dans la plus pure tradition péquenaude : « oh mais ils ont le métro à Toulouse ! » (ben oui je l’ignorais, en étant restée à mes cours de primaire où l’on apprenait que seules 4 villes françaises possédaient le métro : Paris, Lille, Lyon et Marseille) (celui de Toulouse n’existe que depuis 1993) ce qui a fait éclater de rire le jeune homme marchant derrière moi, et arrivons à mon voyage de retour qui fut assez folklorique.

Trajet en trois étapes : Mont-de-Marsan/Bordeaux, Bordeaux/Marseille, Marseille/Toulon. A force de tourner, virer et faire la bringue pendant 5 jours, je m’étais chopé une crève monumentale (à ma grande déception, il s’avère que la consommation éhontée de champagne n’immunise pas contre les microbes) et j’étais tellement dans le pâté en montant dans le train à Mont-de-Marsan que je me suis assise en première classe sans m’en rendre compte. Ah si, je me suis fait la réflexion que dis-donc ils sont drôlement chouettes les TER de la région Aquitaine, ils doivent avoir plus de sous que nous. Haha. La cruche.

Vingt minutes plus tard le contrôleur passe, s’aperçoit que j’ai un billet de seconde classe, me regarde comme si j’étais une grosse clandestine, m’écoute d’un air lointain tandis que je tente de lui expliquer que je suis un peu dans les vapes et que je n’ai pas fait exprès de me mettre en première, puis me réexpédie aussi sec chez les manants sous le regard goguenard des autres passagers. 

Tchou-tchou : Sheldon prenant le train dans The Big Bang Theory - La neuneu des collines 6 - Caro Bleue Violette

Arrivée à Bordeaux, je ne me sentais vraiment pas bien, sans compter que j’ai failli me perdre dans la gare qui est immense. J’ai néanmoins réussi à trouver mon Intercités pour Marseille. Et là, ce fut un trajet épique.

Pour commencer, à ce stade-là j’étais vraiment dans un état pitoyable, avec des haut-le-cœur épouvantables, et j’ai failli plus d’une fois repeindre les sièges autour de moi en Glaire Automnale (si vous voyez ce que je veux dire). J’ai passé tout le trajet à avaler péniblement ma salive en luttant pour ne pas cracher mes poumons sur le monsieur devant moi, qui avait de plus la bonne idée d’être en train de lire le fameux best-seller allemand sur l’intestin.

Ensuite, notre train a accumulé du retard au point que c’est vite devenu un running gag : entre chaque gare, il s’arrêtait au beau milieu de la voie, pour un laps de temps parfois assez conséquent et bien sûr sans qu’on ne nous explique quoi que ce soit. Or le hic c’est qu’une fois à Marseille, je n’avais qu’un battement de 15 mn pour attraper ma correspondance pour Toulon. J’ai donc naturellement commencé à me taper une crise de panique (en plus du reste).

Heureusement, notre train a fini par rattraper son retard et nous sommes arrivés à Marseille à 21h… le TER pour Toulon partant à 21h05. Nous étions une dizaine de voyageurs de mon train à vouloir prendre cette correspondance. S’en est alors ensuivi une scène mémorable : nous avons littéralement sauté de l’Intercités à peine immobilisé et nous avons sprinté comme des dingues vers le quai du TER, faisant rouler nos valises derrière nous à grand fracas et en fonçant dans le tas (les gens, hilares, s’écartaient sur notre passage). Le chef de gare, qui venait de lancer un premier coup de sifflet, nous a vus arriver, s’est pris un énorme fou rire et a attendu que nous soyons montés dans le train avant de le faire partir – on l’a vraiment chopé au vol !

Bref, en septembre dernier j’ai pris le train ^^.

8 réflexions au sujet de « Tchou-Tchou (La neuneu des collines # 6) »

  1. Tiens tu es passée pas si loin de ça de chez moi.
    La course pour choper la correspondance est un grand classique.
    Rien de vraiment catastrophique dans ce que tu racontes.
    Par contre je n’aurais pas pensé à avoir peur à cause du Thalys…

  2. Tu m’as tuée avec la glaire automnale. La prochaine fois que je vais dans un magasin de peinture, juré, je leur demande s’ils ont la teinte…

Dites un truc chouette, un truc à paillettes, un truc qui fait des claquettes ou même un truc qui n'a ni queue ni tête :-)