The Chemist – Stephenie Meyer

J’avoue : j’aime la série des Twilight, même si je reconnais qu’elle contient des éléments problématiques (et non, je ne parle pas du fait que les vampires brillent au soleil ^^) et qu’une relation comme celle qu’entretiennent Bella et Edward me ferait hurler dans la réalité. Cela dit, l’un de mes credo dans la vie est il faut toujours assumer ses goûts de daube : j’assume donc de continuer à apprécier la saga Twilight en dépit de ses nombreux défauts. A noter toutefois que je lui préfère Les âmes vagabondes que je trouve meilleur.

Aussi, voyant que Stephenie Meyer sortait un nouveau roman dans un genre inédit pour elle – The Chemist (La chimiste en français) est un thriller contemporain – je n’ai pas pu résister à la curiosité de savoir ce que ça donnait.

Réponse ? Eh bien, pas grand-chose.

The Chemist (La Chimiste en français) - Stephenie Meyer

Il se pourrait que quelqu’un ait joué au petit chimiste avec du vernis à ongles. Tous les prétextes sont bons pour faire mumuse, hein.

Depuis trois ans, Alex (qui n’est pas le véritable prénom de l’héroïne mais l’identité qu’elle emploie dans la majeure partie du récit) est en cavale : son ex-employeur, une agence secrète gouvernementale au sein de laquelle elle travaillait autrefois en tant qu’experte en chimie et interrogatrice (elle torturait les suspects pour les faire parler), cherche à la supprimer. Cependant, la vie de fugitive est épuisante : aussi, lorsqu’Alex reçoit un mail de la part de son ancien supérieur qui lui propose d’effectuer une dernière mission pour l’agence en échange d’une amnistie totale, elle accepte, tout en étant consciente qu’il s’agit probablement d’un piège. La jeune femme doit interroger Daniel Beach, un professeur soupçonné de préparer un attentat à l’arme chimique. Toutefois, à peine Alex a-t-elle commencé à torturer Daniel qu’elle comprend que les choses ne sont pas tout à fait ce qu’elles semblent être.

Une ex-espionne surdouée, bardée de diplômes et armée jusqu’aux dents, qui lutte pour rester en vie et qui fait inévitablement penser à Jason Bourne (auquel le roman est d’ailleurs dédié) ? Etant fan de la saga Bourne (je parle des films), The Chemist aurait vraiment pu le faire pour moi… si sa lecture ne m’avait pas irrité les muqueuses et titillé le diaphragme, provoquant quelques petits picotements qui ont dégénéré en un gros éternuement d’ennui général : aaaaaaatchoum !

Lecteurs du blog : Non mais comment elle nous saoule avec ses descriptions tarabiscotées ! En plus quand on s’ennuie on baille, on n’éternue pas. 

Moi : Ça veut dire que ce récit m’a un peu agacée et fortement enquiquinée. Puis c’est ma chronique, j’éternue quand je m’ennuie si je veux. Et quand on est poli on dit « à tes souhaits ! »

Non mais c’est vrai, quoi. Bande de mal-élevés. 

Bon, où en étais-je ? Ah oui, les picotements.

Picotement n°1 : Des personnages qui m’ont laissée indifférente

Je ne sais pas vous, mais personnellement je trouve difficile de craindre pour la vie d’une héroïne dont vous vous souciez autant que de votre première tétine (surtout si comme moi, vous n’avez jamais eu de tétine et que vous suciez votre pouce). En tant que figure féminine forte, Alex avait pourtant tout pour me plaire : encore aurait-il fallu que je parvienne à m’attacher un tant soit peu à elle, ce qui m’a été impossible. Mes sentiments à son égard sont restés complètement neutres : je ne me suis pas investie émotionnellement dans son personnage – or l’une des conditions nécessaires pour que j’apprécie réellement un livre est que je m’attache à au moins l’un des protagonistes. Alex manque tout simplement de consistance, ainsi que d’aspérités auxquelles mon intérêt et ma sollicitude auraient pu s’accrocher – un fait qui est intensifié par la narration à la troisième personne. Si Alex avait été la narratrice, il m’aurait sans doute été plus facile de me sentir un peu plus concernée par ce qui lui arrive.

J’aurais probablement pu m’attacher à Daniel – qui est l’archétype du gentil garçon, un peu trop d’ailleurs –  s’il ne s’était pas montré incroyablement stupide à plusieurs reprises. Batman (surnom donné par Alex à l’autre personnage masculin principal) m’a parfois amusée mais globalement il m’a surtout fait l’impression d’être un gros relou. Il n’y a qu’un seul (allez disons deux, si on compte Val, qui n’apparaît que dans la dernière partie du récit et que j’ai trouvée intéressante) personnage que j’ai réellement apprécié dans The Chemist : Einstein, un chien très intelligent.

Picotement n°2 : Une romance malsaine

Aspect qui, avec ce roman, est officiellement devenu la marque de fabrique de Stephenie Meyer (à noter toutefois que cette fois-ci, on échappe au triangle amoureux). Certes j’ai apprécié que pour une fois ce soit le mec le damoiseau en détresse, mais que Daniel pardonne instantanément à Alex alors qu’elle vient de passer plusieurs heures à le torturer, puis qu’il tombe amoureux d’elle dans la foulée, je dis non. C’est complètement malsain : à ce niveau-là, ce n’est plus un syndrome de Stockholm qu’il a, le Daniel, mais de la Suède tout entière. Voire de toute de la Scandinavie. Puis aucun être humain normal qui vient d’autant douiller sa maman ne réagirait ainsi envers son bourreau. Ou alors le gars est un saint et il faut appeler le Vatican d’urgence !

De plus, cette romance (qui, au passage et pour couronner le tout, est totalement neuneu) n’apporte rien à l’intrigue, Alex ayant déjà une motivation suffisante pour démasquer ceux qui veulent lui faire la peau : ils veulent lui faire la peau. Ha.

Picotement n°3 : Une écriture plate

The Chemist est censé être un thriller et un page-turner. Je n’ai pas thrillé et l’envie de tourner frénétiquement les pages ne m’a pas démangée. Les faits se déroulaient et les rebondissements s’enchaînaient tandis que je demeurais au bord du récit à les regarder passer avec autant d’intérêt qu’une vache neurasthénique qui regarde passer un énième train. Stephenie Meyer n’est pas parvenue à me faire entrer dans son histoire avec sa plume. Mon électroscriptogramme est resté presque plat. Presque parce que j’ai tout de même eu peur qu’il n’arrive quelque chose à Einstein – ce qui m’aurait vraiment mise en rogne.

L’autre élément qui fait que je ne suis pas arrivée à m’investir dans le récit est que je n’y ai pas cru une seconde. Alors que The Chemist se déroule pourtant dans un contexte réaliste, ma suspension consentie d’incrédulité a refusé de signer à mon esprit l’autorisation d’adhérer à l’intrigue. Ce qui est tout de même assez fou quand on y pense, étant donné que Meyer avait réussi sans problème à me faire croire à des vampires « végétariens » qui scintillent au soleil et à des âmes extraterrestres qui parasitent le corps d’êtres vivants !

The Chemist en bref

Un roman au postulat prometteur dont le développement est hélas médiocre, qui contient l’habituelle romance meyerienne craignos mais également – et heureusement – un excellent personnage canin.

Cette première incursion de Stephenie Meyer dans le thriller contemporain est donc ratée pour moi.

A mes souhaits !

Et vous, l’avez-vous lu ? Avez-vous envie de le lire ?

4 réflexions au sujet de « The Chemist – Stephenie Meyer »

  1. « à ce niveau-là, ce n’est plus un syndrome de Stockholm qu’il a, le Daniel, mais de la Suède tout entière. » La punchline digne de Mélenchon, ça m’a achevée ! Allez, plus une fan ~

    Ça ne donne pas trop trop envie, en effet. Ce qui est surprenant aussi c’est que le style de Meyer semble beaucoup plus « plat » que dans Twilight, où elle n’hésitait pas à aller dans la purple prose pour te décrire l’arrête du nez d’Edward et ses pecs qui brillent au soleil. En tout cas c’est l’impression que ça m’a donné en lisant des extraits en VO.
    Bref, c’était une chronique très divertissante à lire :3

    • Haha, en fait c’est moi qui écris secrètement les discours de Jean-Luc ! 😛 Merci d’avoir ri parce que bien souvent mes blagues ne font rire que moi ^^

      C’est exactement ça pour le style de Meyer. Dans Twilight c’est super fleuri et même un peu trop, comme quand on nous explique 80 fois que le torse d’Edward est marmoréen, au cas où on n’aurait pas compris les 79 fois précédentes :mrgreen: ! Dans Les âmes vagabondes, j’avais bien aimé sa plume. Mais là, il ne se passe rien. Peut-être qu’elle a voulu écrire dans un style plus « sec » parce que c’est un thriller ? En tout cas, je ne sais pas ce qu’elle a essayé de faire mais c’est raté pour moi.

  2. Oh, il me faisait pourtant envie…
    En tout cas, j’ai beaucoup aimé le ton de ta chronique, elle est vraiment top !
    Bravo pour ça 🙂

    • Merci beaucoup Anne-Sophie ! 🙂 J’aime bien m’amuser en écrivant mes chroniques.

      Et qui sait, il pourrait te plaire, donc s’il te fait vraiment envie, tente le coup. Bon je ne cache pas que je conseille de l’emprunter à la médiathèque ou d’attendre qu’il sorte en poche, hein… 😛

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