Un imaginarium et une fille aux longs cheveux

J’ai vu L’imaginarium du Docteur Parnassus en 2009, et Raiponce en 2010. Tous deux avaient été initialement chroniqués sur la V1 du blog. 

Scène extraite du film L'imaginarium du Docteur Parnassus

L’imaginarium du Docteur Parnassus – Terry Gilliam (2009). Le vieux docteur Parnassus dirige un petit cirque itinérant, composé de lui-même, du nain Percy, d’un jeune homme prénommé Anton et de la fille du docteur, Valentina. Leur numéro consiste à faire entrer les gens dans leur propre imagination via un faux miroir – phénomène généré par les pouvoirs mystiques de Parnassus. Un soir, ils découvrent un homme pendu sous un pont et lui sauvent la vie : le mystérieux Tony devient alors un membre de la petite troupe. Cependant, le docteur Parnassus cache un lourd secret : mille ans auparavant, à la suite d’un pari fait avec Mr Nick (le diable), il a gagné la vie éternelle. Puis quelques siècles plus tard, tombant amoureux d’une jeune femme, il demande à Mr Nick de lui accorder une seconde jeunesse, afin de la séduire. Prix de la transaction : Parnassus devra remettre au diable tous les enfants qui naîtront de cette union le jour de leur seizième anniversaire. Persuadé de ne jamais avoir d’enfants, le docteur accepte ; mais à l’âge de 60 ans, sa femme tombe enceinte et meurt en couches, lui laissant la charge de Valentina, qui s’apprête à fêter ses seize ans. Il ne reste donc plus que trois jours à Parnassus pour sauver sa fille.

Si vous aimez les films à la fois loufoques et poétiques, vous allez aimer cet Imaginarium, petit bijou servi par un casting impeccable. Christopher Plummer incarne à la perfection le vieux docteur Parnassus, usé par son immortalité et si désespéré à l’idée de perdre sa fille adorée qu’il passe son temps à boire. Verne Troyer est hilarant dans le rôle du nain Percy, meilleur ami et protecteur de Parnassus ; et la jeune actrice (et top model) britannique Lily Cole, au visage de poupée russe, est étonnante dans le rôle de Valentina. Quant à Tom Waits, il est impayable en Mr Nick, une incarnation désabusée et nonchalante du diable ; enfin, mention spéciale à l’acteur Andrew Garfield qui incarne le personnage d’Anton.

L’Imaginarium marque de plus la dernière apparition au cinéma de Heath Ledger, décédé pendant le tournage, qui s’y révèle formidable dans le rôle de Tony. A mi-chemin du film, il est successivement remplacé par trois acteurs (remplacement expliqué par le fait qu’une fois passé de l’autre côté du miroir, il change de visage) : Johnny Depp, dont l’apparition ne dure hélas que quelques minutes ; Jude Law, pour une séquence hilarante ; et malheureusement Colin Farrell qui, assurant la dernière partie du film, a réussi à me la gâcher avec son jeu hautain et agité que décidément je ne supporte pas.

Le film est également un vrai régal pour les yeux. Les séquences oniriques se déroulant à l’intérieur de l’Imaginarium sont sublimes et, pour la plupart, très drôles : on y voit par exemple d’énormes méduses flottant dans le ciel ; Johnny Depp dansant sur de vastes nénuphars, au milieu de chaussures et tiares géantes ; ou bien encore Jude Law perché sur d’immenses échasses.

Enfin, bien que la fin soit assez convenue, elle est néanmoins très jolie et j’ai adoré le clin d’œil final en référence à une chanson que les personnages fredonnent dans le film !

Scène extraite du film d'animation Raiponce (Tangled)

Raiponce (Tangled – 2010). Depuis Lilo & Stitch en 2002, aucun classique d’animation Disney n’avait vraiment réussi à m’enthousiasmer… jusqu’à Raiponce !

Flynn Rider, le bandit le plus recherché du royaume, se réfugie dans une mystérieuse tour où il se retrouve pris en otage par Raiponce, jeune fille à l’impressionnante chevelure, gardée prisonnière par Mère Gothel. Raiponce cherche un moyen de sortir de cette tour où elle est enfermée depuis des années. Elle passe alors un accord avec le séduisant brigand et c’est le début d’une aventure délirante et bourrée d’action.

Si comme moi vous n’êtes pas fan des contes de fées traditionnels dans lesquels la princesse est une gentille nounouille qui attend qu’un prince tout aussi neuneu qu’elle vienne la délivrer de son horrible destin (oui Cendrillon et Blanche-Neige, on parle de vous), alors vous apprécierez la façon assez moderne dont l’histoire de Raiponce est revisitée dans ce film.

Certes, Raiponce est un peu naïve au début du film mais étant donné qu’elle n’est jamais sortie de sa tour et vit totalement sous la coupe de celle qui l’a enlevée et qu’elle prend pour sa mère, cela peut se comprendre. Ce qui ne l’empêche pas de se révéler pleine de ressources lorsque Flynn fait irruption dans son tour : la jeune fille sait se défendre (à coups de poêle à frire, j’ai adoré ce détail) et a du caractère ! Tout en étant déchirée par ce qu’elle pense être une trahison envers sa mère (qui lui a interdit de sortir de sa tour), Raiponce est décidée à vivre son rêve et pour ça elle n’hésite pas à « obliger » Flynn à l’y aider. Ce dernier, un voleur un peu hâbleur mais drôle, est attachant, et le duo qu’il forme avec la jeune fille fonctionne à merveille. Ils sont aidés par deux animaux géniaux : le caméléon Pascal, seul ami de Raiponce ; et le cheval de la garde royale Maximus, fin limier qui ne vit que pour attraper les voleurs (dont Flynn) – et qui est mon gros coup de cœur personnel. A noter que dans ce film les animaux ne parlent pas, ce qui ne les empêche pas d’être hilarants, tout leur comique résidant dans leurs attitudes et mimiques – c’est l’un des aspects les plus réussis de Raiponce.

Autre grande réussite : le graphisme. Depuis quelques temps, Disney a décidé de revenir aux sources avec des dessins animés conçus de façon plus classique, en utilisant bien sûr toutes les techniques modernes d’animation disponibles actuellement. En cela Raiponce est très réussi : les personnages et décors sont d’un réalisme saisissant tout en conservant  un côté « cartoon » – cela reste un véritable dessin animé. Certaines scènes sont magnifiques, notamment celle du lâcher de lanternes, la plus belle du film.

Un bémol ? Oui, sur les chansons du film que je n’ai pas trouvées si géniales que ça – mais pour le reste, c’est vraiment un bon Disney ! 

2 réflexions au sujet de « Un imaginarium et une fille aux longs cheveux »

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