Le cycle de Fondation – Isaac Asimov

Attention billet historique : il s’agit en effet du tout premier article que j’ai posté sur la V1 du blog en octobre 2009 ! (Moment de recueillement ému – snif snif mon bébé a grandi trop vite, snif snif, etc)

J’avais en effet passé une partie de l’été précédent à lire les sept tomes de Fondation d’affilée, ce qui, pour une fille qui répète à qui veut l’entendre qu’elle n’aime pas le space-opera, peut sembler bizarre (cependant, il faut dire qu’à ce moment-là j’étais dans ma période Battlestar Galactica… Oui bon j’aime certaines œuvres de space-opera, voilà). 

Couvertures Prélude à Fondation et L'aube de Fondation

Un cycle en perpétuelle extension

Fondation possède une particularité : sa rédaction s’est étalée sur plusieurs décennies et s’est effectuée en plusieurs étapes. Asimov écrivit tout d’abord une série de nouvelles qui parurent dans un magazine de science-fiction entre 1940 et 1950, avant d’être rassemblées en trois volumes : FondationFondation et EmpireSeconde Fondation. Publiés au début des années 50, ils forment ce qu’on appelle désormais la trilogie originelle, mais correspondent chronologiquement aux tomes 3, 4 et 5 du cycle. Trente ans plus tard, durant les années 80, Asimov entreprit de donner une fin à son cycle et écrivit Fondation foudroyée et Terre et Fondation, qui sont donc les tomes 6 et 7. Enfin, au début des années 90, parurent deux autres tomes dont l’action est située avant celle des cinq autres tomes : Prélude à Fondation et L’aube de Fondation, que l’ont peut considérer comme la genèse du cycle. Tout le monde suit ?

Bien, car figurez-vous que ce n’est pas tout à fait fini ! En effet, après la mort d’Asimov, d’autres auteurs ont encore agrandi l’œuvre « fondationnesque » avec plusieurs ouvrages regroupés sous le nom de Second Cycle de Fondation – mais que les puristes n’admettent pas comme faisant partie de Fondation. En même temps, il faut savoir que les puristes les plus extrêmes reconnaissent uniquement la trilogie originelle et rejettent les tomes 1, 2, 6 et 7 pourtant écrits par Asimov. D’autres, moins conservateurs, acceptent d’élargir la trilogie en pentalogie en y intégrant les tomes 6 et 7. En revanche, les tomes 1 et 2 sont généralement dédaignés par tout ce petit monde. 

Une histoire de psycho-histoire

N’étant pas l’une de ces puristes, j’ai choisi de commencer par Prélude à Fondation et L’aube de Fondation… qui se sont révélés être mes deux tomes préférés du cycle (oui puriste asimovien, tu as bien lu ^^) et que j’ai dévorés presque d’une traite tant j’étais captivée par les aventures d’Hari Seldon, son élaboration de la psycho-histoire puis celle des Fondations !

Grâce à l’invention du voyage hyper-spatial, qui permet d’avancer beaucoup plus vite que la lumière, les hommes ont colonisé l’univers et font désormais partie d’un immense Empire Galactique composé de 25 millions de planètes et dirigé par Trantor, la planète-capitale, siège du pouvoir impérial. La Terre, quant à elle, n’est plus qu’un lointain mythe, dont l’existence en tant que « planète des origines » est fortement mise en doute. Cependant, cet empire, aussi vaste que puissant, est sur son déclin et s’apprête à s’effondrer en plongeant la Galaxie dans un terrifiant chaos. Le seul espoir de l’humanité repose sur Hari Seldon, un jeune mathématicien, et son invention : la psycho-histoire.

Au début de Prélude à Fondation, Hari Seldon est un universitaire âgé d’une trentaine d’années, originaire d’une planète insignifiante, qui arrive sur Trantor pour participer à un congrès de mathématiciens au cours duquel il présente la psycho-histoire, une science permettant de prévoir mathématiquement les grands évènements historiques à venir. A ce moment-là, la psycho-histoire n’est pour lui qu’une théorie abstraite ne pouvant absolument pas déboucher sur une application pratique, mais d’autres, comme l’Empereur et son Premier Ministre, y voient là une possibilité de renforcer la puissance de l’Empire et veulent mettre la main sur cette invention.

Traqué mais désormais convaincu de l’importance de son invention, Hari Seldon est donc contraint de prendre la fuite, tout en tâchant de trouver comment faire fonctionner la psycho-histoire. On suit donc le passionnant parcours de Seldon jusqu’au moment où grâce à la psycho-histoire, il prédit l’effondrement de l’Empire Galactique, effondrement qui sera suivi de trente mille ans de chaos. Afin de réduire ces trente millénaires à un seul, au terme duquel un nouvel Empire pourra être fondé, Seldon décide de créer deux Fondations, totalement indépendantes l’une de l’autre (l’emplacement de la Seconde sera même tenu secret), qui seront chargées de faire appliquer « le plan Seldon » devant mener à l’avènement du Second Empire.

Couvertures Fondation, Fondation et Empire, et de Seconde Fondation

La trilogie originelle

Voici venu le moment où tous les puristes asimoviens qui liront ces lignes mettront instantanément ma tête à prix… même pas peur ! :mrgreen:

Fondation débute cinquante ans après l’établissement des Première et Seconde Fondations. Dans ce tome, il n’est cependant question que de la Première : différentes époques se succèdent, au cours desquelles les dirigeants de cette Première Fondation font face aux « crises Seldon », c’est-à-dire les menaces externes – et parfois internes – qui pourraient compromettre le plan Seldon. Dans Fondation et Empire, le plan Seldon (établi il y a maintenant trois siècles) est mis en danger par un personnage aux pouvoirs surnaturels qui se fait appeler Le Mulet (et que je m’imagine affublé de la coupe éponyme 😀 ), et dont la psycho-histoire n’avait pas prédit la venue. Enfin dans Seconde Fondation, cette dernière – qui jusque-là s’était contentée d’agir dans l’ombre et dont l’emplacement est toujours secret – se retrouve en rivalité avec la Première Fondation.

Autant j’ai adoré les deux premiers tomes, autant j’ai eu beaucoup de mal avec ces trois-là ! Ici, on saute en effet d’une époque à l’autre et d’un groupe de personnages à un autre, ce qui fait qu’il m’a été plus difficile d’entrer dans l’histoire et de m’attacher à ses multiples protagonistes. Le fait qu’il ne s’agisse pas d’une histoire continue mais de nouvelles rassemblées rend la progression de l’intrigue elliptique et difficilement compréhensible par moments. De plus, les intrigues, souvent politiques ou militaires, m’ont parfois carrément ennuyée, surtout dans le premier tome. Néanmoins, le mystère que constitue le personnage du Mulet ainsi que la personnalité d’Arcadia Darell – une ado drôle et ingénieuse issue de la Première Fondation, et dont l’histoire occupe la seconde et majeure partie de Seconde Fondation – rachètent un peu les défauts de cette trilogie originelle. (Crise cardiaque collective des puristes asimoviens. Défauts ! Elle a osé parler de défauts !

Couvertures de Fondation Foudroyée et Terre et Fondation

Une fin de cycle un peu abrupte

Fondation foudroyée ainsi que Terre et Fondation se déroulent cinq siècles après l’établissement du plan Seldon, soit à mi-parcours du millénaire devant séparer l’effondrement du Premier Empire de l’avènement du Second. Dans ces deux tomes, on suit les pérégrinations de Golan Trevize et de l’historien Janov Pelorat – tous deux issus de la Première Fondation – qui se lancent dans une double quête : celle de l’emplacement secret de la Seconde Fondation et celle de la mythique planète des origines, la Terre.

Mon enthousiasme pour la série est revenu avec ces deux derniers tomes, Fondation foudroyée et Terre et Fondation. Cette quête de la Terre entreprise par deux Premiers Fondateurs m’a totalement embarquée: on ne s’y ennuie pas un seul instant. De plus, on a droit à de nombreuses révélations qui répondent à des questions posées dans les précédents volumes, notamment en ce qui concerne la véritable origine du Mulet (en revanche, on ne saura pas si oui ou non il est coiffé en mulet). 

Un seul regret toutefois : j’ai trouvé la fin du dernier tome un peu abrupte, j’aurais aimé plus de détails sur la suite des évènements ! En effet, le cycle s’achevant 500 ans après l’établissement du plan Seldon c’est-à-dire à mi-chemin du millénaire prévu avant l’avènement du Second Empire, on ne saura donc pas si ce dernier sera bel et bien fondé. Bouh.

4 réflexions au sujet de « Le cycle de Fondation – Isaac Asimov »

  1. J’ai lu Fondation (le cycle de Fondation 1) en 2012 (merci mon blog :D) et je n’ai pas du tout aimé, du coup je n’ai pas continué et je pense que je ne continuerai jamais.

    • Si j’avais commencé par la trilogie originelle, je pense que j’aurais abandonné également ! 🙂

      Et je devais être dans une « période » à l’époque parce que j’avais dit que je lirai un autre de ses grands cycles, celui des Robots – mais à présent je doute de le faire un jour ^^

  2. Je ne connaissais pas du tout (à part le nom d’Asimov) et même si je ne pense pas que je lirai ce cycle un jour, j’aime bien découvrir des livres que je ne connais pas alors merci pour la découverte 😉

    • De rien 🙂

      Si tu veux te faire une idée d’Asimov sans te lancer dans un cycle en plein de tomes, je conseille son roman Némésis : c’est le premier livre que j’ai lu de lui un an avant de lire Fondation et j’avais beaucoup aimé.

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