L’ombre du vent – Carlos Ruiz Zafon

L’ombre du vent fut l’un de mes gros coups de cœur littéraires de 2010 – la chronique a d’ailleurs initialement été publiée sur la V1 du blog cette année-là.

L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon - Couvertures espagnole et française

Daniel Sempere a dix ans lorsque son père, libraire, l’emmène au Cimetière des Livres Oubliés afin qu’il y choisisse un livre qu’il devra précieusement conserver tout au long de sa vie. Daniel choisit L’ombre du vent, un roman signé d’un certain Julián Carax, auteur méconnu du grand public. Captivé par sa lecture, Daniel va chercher à en savoir plus au sujet de Carax. Il découvre alors que celui-ci, originaire de Barcelone, a longtemps vécu à Paris, où il a écrit ses romans – L’ombre du vent étant le dernier – et où il aurait finalement trouvé la mort au cours d’un duel. De plus, ses romans sont d’autant plus rares que depuis des années, un mystérieux individu s’acharne à les acheter ou à les voler afin de les brûler. Lorsque Daniel croise ce personnage à son tour, il résolut de percer le mystère entourant Carax et se lance alors dans une quête aussi passionnante que dangereuse.

Cet après-midi-là, de retour dans l’appartement de la rue Santa Ana, je me réfugiais dans ma chambre et lus les premières lignes de mon nouvel ami. Avant même d’avoir pu m’en rendre compte, je me retrouvai dedans, sans espoir de retour.

C’est exactement ce que j’ai ressenti en commençant ce livre. Je n’avais pas encore atteint la page 20 de ce roman que j’étais déjà sûre d’une chose : j’allais adorer L’ombre du vent et celui-ci allait devenir l’un de ces romans qui me marquent durant leur lecture, me hantent des heures après les avoir refermés et que je relirais régulièrement au cours de ma vie. Et à présent que je l’ai terminé, je peux vous dire que je ne me suis pas trompée. 

Pris par le récit, c’est à peine si j’entendis au loin les cloches de la cathédrale sonner minuit. [ …] Page après page, je me laissai envelopper par le sortilège de l’histoire et de son univers […]. Le sommeil et l’épuisement frappaient à ma porte, mais je refusai de me rendre. Je ne voulais pas perdre la magie du récit ni dire tout de suite adieu à ses personnages.

L’ombre du vent est l’une de ces histoires que l’on se dépêche de lire tant on a hâte de connaître la suite, tout en se freinant par moments de peur qu’elle ne finisse trop vite. Pour commencer, les personnages sont sacrément attachants : Daniel le narrateur, que l’on suit de l’âge de dix ans à l’âge adulte, et dont la quête devient tout de suite la nôtre ; son père, libraire mélancolique et effacé qui voue à son fils un amour inconditionnel ; Beatriz, l’amie de Daniel, jeune femme à la fois fragile et décidée ; Fermín, ancien SDF désormais employé de la librairie et personnage haut en couleurs ; la mystérieuse Nuria Montfort ; et bien sûr Julián Carax, l’ «ombre» de ce roman, que l’auteur a cependant réussi à rendre tellement charismatique que l’on a envie de lire ses livres fictifs et qu’on ne peut s’empêcher de succomber à son charme ténébreux.

L’idée d’un cimetière des livres oubliés est fabuleuse et l’intrigue est captivante de bout en bout, sans s’essouffler une seule seconde. A chaque chapitre, Daniel fait une nouvelle découverte qui le rapproche un peu plus du but de sa quête et nous tient en haleine. Mais ce qui est surtout fascinant, c’est de voir à quel point l’histoire de Daniel et celle de Julián vont se retrouver imbriquées et à quel point elles vont finir par se ressembler. Quant au style de l’auteur, j’en suis tombée amoureuse : ce roman est merveilleusement bien écrit ! En plus d’être prenant et émouvant, il est aussi – et c’est là un aspect auquel je ne m’attendais pas – parfois très drôle, avec des dialogues et des répliques hilarants, dont la plupart sont dus à Fermín.

Enfin, L’ombre du vent est un roman à l’atmosphère intense. Après l’avoir lu, vous aurez une irrépressible envie de remonter dans le temps jusqu’à la Barcelone des années 50. Cette ville, de nos jours très touristique et décrite comme idyllique, est ici peinte sous les traits d’une ville blessée par la guerre civile d’Espagne (1936-1939) et par l’arrivée de Franco au pouvoir. Une ville brumeuse, emplie de ténèbres à l’ambiance presque gothique, à l’image de cette maison du Tibidabo, baptisée L’Ange de brume, qui tient une grande place dans l’histoire.

Vous l’aurez donc compris, L’ombre du vent est un roman à lire absolument !

Chaque livre, chaque volume que tu vois, a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui.

7 réflexions au sujet de « L’ombre du vent – Carlos Ruiz Zafon »

  1. J’avais adoré ce roman lu il y a trois ans maintenant. Le second tome est dans ma pile à lire, j’ai hâte de le débuter! 😀

  2. Et encore un sur ma wishlist, un… A qui on s’adresse pour ajouter des heures aux journées et pouvoir lire plus longtemps?
    Ps: j’adore tes critiques littéraires ;D

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