Persepolis (Marjane Satrapi)

Voilà ce que c’est que d’être une vilaine procrastineuse : j’ai lu Persepolis en octobre 2014, ce fut mon premier vrai coup de cœur en matière de BD… et je ne vous en parle que maintenant, plus d’un an après !

Vous avez donc la permission de me huer. 

Couverture du roman graphique Persepolis de Marjane Persepolis

Persepolis est la BD qu’on m’a le plus recommandée (avec Maus) lorsque j’ai demandé des conseils en la matière : je l’ai donc empruntée à la médiathèque, sans me douter que cette BD en noir et blanc, dans laquelle l’autrice et réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi retrace sa jeunesse, allait devenir mon premier gros coup de cœur graphique. 

Il faut dire que non seulement je me suis immédiatement attachée à Marjane, que j’ai beaucoup aimé suivre tout au long des quatre tomes qui composent la BD, alors qu’elle devient adolescente puis jeune adulte ; mais que j’ai également pris une magnifique leçon d’histoire.

Or j’adore l’histoire, surtout s’il s’agit de celle d’un pays aussi fascinant que l’Iran.

J’ai ainsi appris que le premier prophète de la Perse (autre nom de l’Iran) était Zarathoustra et que le pays n’a adopté l’islam qu’après les invasions arabes. J’ai surtout appris en quoi consistait exactement la Révolution iranienne.

Bien que l’ayant étudiée à l’école, la révolution islamique qu’a connu l’Iran en 1979 m’avait toujours laissée perplexe car je ne comprenais pas pourquoi le peuple iranien s’était débarrassé du régime impérial pour mettre à sa place un régime encore pire. Le tome 1 de Persepolis m’a enfin éclairée à ce sujet : en réalité, si la population était majoritairement d’accord pour chasser le Shah, elle n’était en revanche pas d’accord sur la façon de le remplacer. La classe aisée de la société iranienne (dont font partie les parents de Marjane – la précision est importante par rapport au point de vue dont l’histoire est racontée) souhaitait un gouvernement plus démocratique, sans penser que le clergé, soutenue par les classes populaires, profiterait de l’occasion pour se propulser à la tête du pays.

C’est ainsi que dans le tome 2 de Persepolis, Marjane nous décrit la vie sous le gouvernement de l’ayatollah Kohmeini et ses conséquences pour le peuple iranien. La société persane, jusque-là assez ouverte, se replie sur elle-même. L’Occident devient l’ennemi, les interdits se multiplient, la liberté d’expression disparaît et la condition féminine devient déplorable (comment devenir une femme au sein d’une société où le fait d’en être une est problématique est d’ailleurs l’une des questions traitées dans la BD). On assiste également aux débuts de la guerre Iran-Irak.

Le tome 3 nous transporte en Autriche : Marjane a 14 ans et ses parents décident de l’envoyer poursuivre ses études à Vienne. Elle nous raconte alors la liberté mais aussi la solitude, l’isolement, l’exil, la difficulté de s’intégrer, les changements et les complexes dus à l’adolescences, ses premières histoires d’amour, sa quête d’identité à la fois personnelle et culturelle. 

Dans le dernier tome, après 4 ans passés en Europe, Marjane rentre à Téhéran où elle entreprend des études d’arts graphiques. Elle nous raconte de nouveau l’Iran, ce qui nous permet d’avoir un aperçu du pays tel qu’il doit être encore aujourd’hui, car je n’ai pas l’impression que les choses aient beaucoup évoluées depuis la fin des années 80 : le gouvernement est toujours liberticide et la condition féminine toujours aussi catastrophique.

Planches extraites du roman graphique Persepolis

A la fois leçon d’histoire et roman d’apprentissage d’une enfant rebelle (le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour), je trouve que Persepolis est surtout – aussi paradoxal que ça puisse paraître – une déclaration d’amour à l’Iran, pays qui fut un jour ouvert et moderne, et à son peuple. J’étais déjà fascinée par la Perse avant de lire cette BD, je le suis encore plus après l’avoir lue. A lire absolument si vous voulez mieux comprendre l’Iran… A lire absolument tout court, en fait ! 

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Si vous aussi vous avez envie de lire cette BD, et de soutenir ce blog par la même occasion (merci ♥), vous pouvez passer par ce lien pour vous la procurer : Persepolis.

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2 réflexions au sujet de « Persepolis (Marjane Satrapi) »

    • Ah si tu as vu et aimé le film, il faut absolument que tu lises la BD !

      Et moi je dois faire le contraire parce que j’ai le film en DVD mais je n’ai pas encore pris le temps de le regarder 🙂

Dites un truc chouette, un truc à paillettes, un truc qui fait des claquettes ou même un truc qui n'a ni queue ni tête :-)