Scottish Jesus just want to have fun

Livres lus en janvier et février 2015.

Coffehouse Angel - A Memoir Cyndi Lauper

Coffeehouse Angel – Suzanne Selfors. Ayant envie d’une lecture toute mimi, j’ai extrait ce roman des tréfonds de ma Kobo et j’ai passé un bon moment. Dans Coffeehouse Angel, on suit Katrina, 16 ans, qui aide sa grand-mère à tenir le café familial – café mis en danger depuis l’ouverture d’un établissement concurrent dont le propriétaire menace constamment de les faire fermer. Et voila que Vincent, le meilleur ami de Katrina, craque pour la fille de leur ennemi. Ajoutons à ça que Katrina ne sait pas trop ce qu’elle veut faire de sa vie alors que son conseiller d’orientation lui met la pression ; et qu’un beau matin, elle trouve un drôle de garçon, en kilt et sandales, en train de dormir dans la rue située derrière le café : garçon qui se met à la suivre partout et que j’ai surnommé Scottish Jesus – le Jésus écossais.

J’ai beaucoup aimé cette histoire super cute empreinte d’un peu de magie et son ambiance « petite ville où tout le monde se connaît » ; le style drôle et léger du récit (c’est ce que j’appelle du « mimi bien écrit ») ; et les personnages, Katrina en tête, qui sont très attachants. Un tout petit bémol pour la fin, cependant, parce que ce n’est pas celle que j’attendais – mais je pense que l’auteur s’est bien amusée à nous balader un peu. Bref, si vous voulez du YA cute et feelgood, et si vous voulez savoir pourquoi je surnomme ce fameux garçon le Jésus écossais, lisez Café Givré !

Cyndi Lauper : A Memoir – Cyndi Lauper & Jancee Dunn. J’ai découvert Cyndi Lauper lorsque j’étais collégienne et elle est devenue l’une de mes chanteuses préférées. Je me suis donc jetée sur son autobiographie dès qu’elle est sortie (enfin jetée… Je l’ai effectivement achetée à sa publication mais elle a passé deux ans dans ma liseuse ^^).

En lisant le récit de la vie de Cyndi Lauper, je me suis aperçue qu’elle et moi avions quelques points communs. Dans sa jeunesse, Cyndi était sujette à des attaques de panique et j’ai été sciée lorsqu’elle explique que quand une crise d’angoisse était trop forte, elle allait s’enfermer dans un placard afin de se sentir en sécurité (le confinement rassure)… parce que j’ai longtemps fait la même chose (alors que je suis pourtant claustrophobe. Faut pas chercher à comprendre, je suis une névrosée incohérente 😛 ) et que j’étais persuadée d’être la seule au monde à faire ça !

Cyndi parle de son enfance dans un milieu populaire et machiste, de ses difficultés à l’école et de son tempérament artistique qui s’est manifesté très tôt. Elle quitte la maison familiale à dix-sept ans et à partir de là elle enchaîne les petits boulots et les grosses galères, tout en chantant dans différents groupes. Le succès arrive enfin en 1983, alors qu’elle a 30 ans, avec l’album She’s So Unusual et le titre Girls Just Want to Have Fun.

Cyndi parle beaucoup de la genèse de ses albums et j’ai adoré découvrir les coulisses de certaines de ses chansons. J’ai appris par exemple qu’elle ne voulait pas chanter Girls jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’elle pouvait faire de ce morceau un hymne au girl power (personnellement je l’ai toujours compris ainsi) ; que She Bop parle de masturbation féminine, alors que j’ai toujours cru qu’elle parlait de danse (^^) ; et que ma chanson préférée de Cyndi, Sally’s Pigeon, parle d’un avortement clandestin qui a mal tourné, alors que j’ai toujours cru qu’elle évoquait la nostalgie de l’enfance (ce qui est vrai aussi, cela dit).

Je m’arrête là mais vous l’aurez compris, j’ai adoré lire le parcours et les réflexions sur la vie de cette chanteuse atypique qui prône la créativité et l’expression de soi-même par dessus tout, qui a su triompher des épreuves qu’elle a traversées, qui travaille énormément pour la cause des femmes et de la communauté LGBTQ, et pour laquelle j’ai encore plus d’admiration qu’auparavant.

harryquebert

La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker. Après l’immense succès de son premier roman, Marcus Goldman, jeune auteur de 30 ans, connaît le syndrome de la page blanche et va se réfugier chez son ancien professeur, le célèbre écrivain Harry Quebert. Celui-ci vit à Aurora, une petite ville du New Hampshire qui a défrayé la chronique trente ans plus tôt, lorsque Nora Kellergan, une adolescente de 15 ans, y a disparu sans laisser de traces.

Voilà un livre qui a été encensé par les médias et la blogosphère pendant des mois, qui a reçu deux prix prestigieux, celui de l’Académie française et le Goncourt des Lycéens… et dont je suis ressortie en me disant que soit je suis vraiment passée à côté, soit les auteurs francophones (espèce que je lis très peu) ne sont décidément pas pour moi !

A la rigueur, on peut qualifier ce roman de bonne lecture-détente : on se prend au jeu et on tourne les pages mu par le besoin de connaître le fin de l’histoire.  J’ai également apprécié le mélange entre roman d’apprentissage et thriller ; et il y a des réflexions intéressantes sur le monde de l’édition et sur l’écriture.

Cependant la prose de Joël Dicker manque terriblement de style ; les dialogues sont mauvais et bourrés de clichés ; et certaines scènes sonnent affreusement faux. De plus, Harry Quebert souffre d’un énorme problème de rythme : le livre aurait facilement pu être réduit de moitié sans que cela ne nuise le moins du monde à l’histoire, de nombreux passages ne servant à rien sinon à alourdir la narration.

Les personnages, eux,  sont tous plus antipathiques les uns que les autres : je crois que Harry est le seul pour lequel j’ai éprouvé un peu de sympathie – et comme j’ai besoin de m’attacher à au moins l’un des protagonistes pour me sentir pleinement investie dans le récit (sauf si l’histoire possède des qualités suffisantes pour compenser ce manque, comme le Gone Girl de Gillian Flynn, dont il faudrait quand même que je vous parle un jour, étant donné que c’est mon coup de cœur thriller 2014).

Quant à la résolution de l’intrigue, elle n’est pas réellement surprenante et m’a déçue. 

10 réflexions au sujet de « Scottish Jesus just want to have fun »

  1. Tu m’as donné envie de lire la bio de Lauper!
    Oh une autre névrosée incohérente! J’aime pas les gens genre phobie sociale mais je les aime quand même genre je suis aimable et polie avec les inconnus dans la rue lol.
    Les 2 autres livres ne me tentent pas par contre…

    • Lol je suis comme ça aussi, phobique sociale mais élevée par une maman à cheval sur la politesse, donc au lieu de me mettre à hurler et de partir en courant quand un inconnu me parle, je lui réponds gentiment en prenant sur moi 😆

      La bio de Cyndi Lauper est vraiment inspirational comme disent les anglophones 🙂

  2. Bon la littérature YA je passe, car comme tu le sais je n’ai pas de coeur, donc elle me laisse de marbre, pour Cyndi Lauper, je partage avec toi la joie de découvrir que nous ne sommes pas seules au monde à souffrir de crises de panique, quel bonheur que ça n’ait pas empêché quelqu’un de devenir célèbre et de mener une carrière (;-) (je suis sérieuse, ce doit être hyper handicapant quand tu es un personnage public)
    Et pour finir, entièrement d’accord avec toi pour Harry Q, sauf qu’il n’a pas été très encensé par les blogueurs (on a tous été assez horrifiés du style, des dialogues et surtout….des extraits du prétendu chef-d’oeuvre …j’en ris encore).
    Des bises Caro

    • Je suis certaine que sous toutes ces couches de galets se cache bel et bien un petit cœur 😛

      Pour Cyndi Lauper, c’est surtout le coup du placard qui m’a sciée, parce que je pensais vraiment être la seule au monde à faire ça ! Après beaucoup d’artistes souffrent d’anxiété et c’est bien connu que la plupart d’entre eux sont de grands névrosés – et oui, quelque part, ça rassure le commun des mortels :mrgreen:

      Pour Harry Quebert, je n’ai pas dû lire les bons blogs à l’époque alors, parce que je me souviens d’avoir vu pas mal de bons avis !

    • En fait, la longueur en soi n’est pas un problème, c’est quand la longueur s’accompagne d’un rythme mal géré que ça devient un souci – ce qui est le cas dans HQ pour moi 🙂

  3. Tiens, ton billet me fait penser que j’ai lu quelques livres très intéressants dont il faudrait que je parle sur mon blog!
    Sinon, tu m’as fait retourner quelques années en arrière en parlant de Lauper…que de bons souvenirs, et une vie fascinante, aussi.
    Bises

    • Je suis moi-même pas retournée dans mon adolescence pendant que je lisais le Cyndi Lauper 🙂

      Elle a effectivement eu une vie intéressante et inspirante !

    • Oui la plupart des gens ne connaissent que les singles tirés de ses premiers albums ou de son best-of, après ses débuts fulgurants elle a eu une carrière en demi-teinte. Cela dit quand on voit certaines chanteuses de maintenant, on peut voir qu’elle les a influencées (comme Lady Gaga, par exemple).

      Pour Harry Quebert, je sais que beaucoup de lecteurs ont aimé, tant mieux pour Joël Dicker ! C’est juste qu’avec moi ça ne l’a pas fait ^^

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