Sherlock Holmes # 3 : The Red-Headed League

Vous ai-je déjà dit que j’ai un gros faible pour les rouquins ? Il y en a certains que je trouve irrésistibles. Le Dr Owen Hunt dans Grey’s Anatomy, par exemple. Ou Ron Weasley dans Harry Potter… Oui bon je sais, je vous l’ai déjà dit ! :mrgreen: .

En revanche, je ne crois pas avoir déjà dit ici que je possède le gène de la rouquinerie puisqu’il se trouve que deux de mes arrière-grands-pères étaient roux : cependant, tout ce qu’ils m’ont laissé en guise d’héritage rouquin sont quelques reflets auburn dans les cheveux et de petites taches de rousseur qui apparaissent sur mon nez en été.

Ce mois-ci, c’était donc au tour de La Ligue des Rouquins (nouvelle number two des Aventures de Sherlock Holmes) d’être elcérisé (du verbe elcériser, dérivé de l’acronyme LC signifiant lecture commune) (si, ça existe, puisque je viens de l’inventer 😛 ) : je vous invite donc à aller également lire les avis de mes camarades d’elcérisation : Syl, Arieste et Shelbylee.

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©Sidney Paget

Mr Jabez Wilson, un prêteur sur gages, vient consulter Sherlock Holmes – comme toujours assisté de son fidèle Watson – au sujet d’une étrange affaire impliquant une annonce passée dans le journal par la mystérieuse Ligue des Rouquins, récit qui divertit fort nos deux protagonistes.

Sherlock Holmes et moi considérâmes successivement ce bref faire-part et le visage lugubre de Jabez Wilson, jusqu’à ce que l’aspect comique de l’affaire vînt supplanter tous les autres : alors nous éclatâmes d’un rire qui n’en finissait plus.

Il faut dire que l’idée de cette Ligue des Rouquins est assez ingénieuse et très bien trouvée de la part d’Arthur Conan Doyle : j’en ai vraiment apprécié la drôlerie ainsi que son originalité. Doyle insiste aussi beaucoup sur la couleur rousse de la chevelure de plusieurs personnages, jouant en fait sur la similitude entre red hair et red herring – la seconde expression désignant une fausse piste volontairement placée là par l’auteur.

A côté de ça, cette histoire nous permet de découvrir de nouvelles facettes du personnage de Sherlock Holmes :

Mon ami était un mélomane enthousiaste ; il exécutait passablement, et il composait des œuvres qui n’étaient pas dépourvues de mérite. Tout l’après-midi, il resta assis sur son fauteuil d’orchestre ; visiblement, il jouissait du bonheur le plus parfait ; ses longs doigts minces battaient de temps en temps la mesure ; un sourire s’étalait sur son visage ; ses yeux exprimaient de la langueur et toute la poésie du rêve… Qu’ils étaient donc différents des yeux de Holmes le limier, de Holmes l’implacable, l’astucieux, de Holmes le champion des policiers ! Son singulier caractère lui permettait cette dualité. J’ai souvent pensé que sa minutie et sa pénétration représentaient une sorte de réaction de défense contre l’humeur qui le portait vers la poésie et la contemplation. L’équilibre de sa nature le faisait passer d’une langueur extrême à l’énergie la plus dévorante. 

De plus, il semblerait que ce qui motive principalement Sherlock à enquêter ne soit pas la satisfaction de rendre la justice mais simplement combattre l’ennui :

– Votre logique est merveilleuse ! m’écriai je avec une admiration non feinte. La chaîne est longue, et cependant chaque anneau se tient.
– La logique me sauve de l’ennui, répondit-il en bâillant. Hélas ! je le sens qui me cerne encore !… Ma vie est un long effort pour m’évader des banalités de l’existence. Ces petits problèmes m’y aident.

A moins que ce ne soit de la fausse modestie – ce qui n’est pourtant pas son fort ?

– Et de plus, vous êtes un bienfaiteur de la société, ajoutai je.
Il haussa les épaules : « Peut-être, après tout, cela sert-il à quelque chose !

Ah Mr Holmes, quel personnage énigmatique vous faites !

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©Sidney Paget

Je disais dans ma chronique sur Le Signe des Quatre que Watson est souvent partagé entre l’admiration qu’il éprouve pour Holmes et l’irritation que les petites manies de son ami suscitent en lui ; ici, Watson nous fait part de son sentiment d’infériorité par rapport à Sherlock :

Je ne crois pas avoir un esprit plus obtus que la moyenne, mais j’ai toujours été oppressé par le sentiment de ma propre stupidité au cours de mon commerce avec Sherlock  Holmes. Dans ce cas-ci j’avais entendu ce qu’il avait entendu, j’avais vu ce qu’il avait vu ; et cependant !… Il ressortait de ses propos qu’il discernait non seulement ce qui s’était passé, mais encore ce qui pouvait survenir, alors que, de mon point de vue, l’affaire se présentait sous un aspect confus et grotesque.

Enfin, toujours dans mon billet à propos de The Sign of Four, j’expliquais qu’il existe une incohérence au sujet de la blessure de Watson ; eh bien dans The Red-Headed League, nous avons droit à une nouvelle incohérence (quel distrait, cet Arthur Conan Doyle 😀 !) concernant les dates : Watson nous dit au début du récit qu’il a lieu en automne 1890. Or l’annonce dont il est question date du mois d’avril de cette même année et Mr Jabez explique que son aventure a duré deux mois : le récit devrait donc se dérouler en juin – sauf qu’on nous stipule que l’aventure de Mr Jabez a pris fin en octobre ! Il faut donc supposer que l’annonce date du mois d’août : c’est d’ailleurs le cas dans la version française, qui a corrigé l’incohérence.

11 réflexions au sujet de « Sherlock Holmes # 3 : The Red-Headed League »

  1. Oui, incohérence rectifiée ! J’aime Sherlock car c’est une nostalgie heureuse… me replonger dans ses aventures lues à mon adolescence… un plaisir !!!
    Bon pour le prochain !

    • Ah je comprends ! Moi j’en ai lu quelques-unes (pas toutes) enfant et ado, je me souviens surtout du Chien des Baskerville que j’ai lu plusieurs fois 🙂

    • Oui je sais que tu partages ma passion des rouquins !

      Hiiiiiii Michael hiiiiiii. Quand on vous dit, mesdemoiselles, que les rouquins c’est la vie ! 😛

  2. C’est rigolo ces petites erreurs d’ACD corrigées dans la version française. Tu verras dans mon billet, j’ai évoqué d’autres éléments qui m’ont étonnée. J’avais aussi remarqué les dates, mais j’ai cru que c’était moi qui m’étais trompée ^^

    • Oui et apparemment il y a pas mal de ces incohérences dans le Canon ! Il y a notamment toute une histoire autour du nombre de femmes que Watson aurait eues :mrgreen:

Dites un truc chouette, un truc à paillettes, un truc qui fait des claquettes ou même un truc qui n'a ni queue ni tête :-)