Tangled et autres lectures

Où je vous parle de trois romances qui m’ont laissée mi-figue mi-raisin (et dont les chroniques ont été initialement publiées sur la V2 du blog).

Couvertures de Tangled d'Emma Chase, de Dix bonnes raisons de rester célibataire de Lindsey Kelk et de L'homme idéal mais en mieux d'Angela Morelli

Tangled – Emma Chase

A 28 ans, Drew Evans est un beau gosse qui travaille dans la banque d’investissements créée par son père, un boulot qu’il adore à tel point que c’est même la seule chose qui surpasse le sexe dans son esprit. Drew est en effet légèrement obsédé et adepte du concept de la femme-kleenex, jusqu’à ce qu’il rencontre Katherine Brooks, la nouvelle associée engagée par son père, qui lui plaît beaucoup. Problème : Kate est fiancée. Autre problème : Drew a pour règle de ne jamais coucher avec une collègue de travail. Pour couronner le tout, voilà que Drew et Kate se retrouvent en pleine compétition professionnelle.

L’originalité de cette romance est principalement due au fait que ce soit Drew qui la narre, ce qui offre un point de vue masculin assez rafraîchissant – même si certaines de ses réflexions m’ont fait tiquer, comme par exemple lorsqu’il compare les prouesses de Kate à celle d’une actrice de films pour adultes. Drew est un enfant gâté habitué à obtenir ce qu’il veut dans la vie et qui ne se prend pas pour n’importe qui ; mais sa façon de raconter est très drôle, et bien qu’on puisse parfois avoir du mal avec son comportement, on ne peut finalement pas s’empêcher de le trouver attachant. Ce qui n’est curieusement pas le cas de Kate, pour laquelle j’ai éprouvé peu de sympathie, en dépit du fait qu’elle soit intelligente, ambitieuse, et déterminée à ne pas se laisser faire par Drew. Les répliques de Drew et Kate sont hilarantes mais sinon je ne peux pas dire que j’ai été emballée par cette romance.

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10 bonnes raisons d’être célibataire – Lindsey Kelk

Pour consoler Rachel, larguée par Simon après 5 ans de relation, ses deux meilleurs amis, Emelie et Matthew, lui concoctent une liste de dix choses à faire pour fêter son célibat.

Le thème de la liste post-rupture à base de tatouage et de nouveau look n’est certes pas inédit mais c’est un postulat qui peut donner une histoire marrante et plaisante à lire… à condition qu’elle soit bien écrite et que les personnages soient bien campés, ce qui est loin d’être le cas ici. Le récit est bourré de phrases mal construites qui ne veulent rien dire, de répétitions, et de comparaisons d’un goût douteux – comme lorsque Rachel décrit Matthew, son meilleur ami, en ces termes : « Physiquement, c’était un croisement entre la race aryenne d’Hitler et un fantasme de George Michael » (wtf ?!!). Les personnages manquent tellement de consistance qu’il est impossible de s’y attacher ; et Rachel m’a de plus particulièrement agacée avec ses réflexions idiotes sur le célibat (la pauvre choute n’a jamais été seule depuis le début de sa vie sentimentale, vous comprenez), du style :

Rachel : J’allais devoir apprendre à m’y habituer. Me coucher seule. Me lever seule. Me souvenir d’acheter du papier toilette parce que personne ne le ferait à ma place[…] Plus personne pour m’emmener chez le médecin. Ni pour aller au cinéma.

Moi : Mais tu as 28 ans, bon sang de bois, tu ne peux pas faire ça toute seule comme la GRANDE FIFILLE QUE TU ES ?!!! 

Si encore c’était drôle… mais non, même pas ! Les répliques qui se veulent hilarantes ne le sont pas et les situations pourtant potentiellement gaguesques tombent à plat – en résumé : oubliable et dispensable !

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L’homme idéal (en mieux) – Angela Morelli. Autant l’avouer d’emblée : j’ai surtout lu ce livre par curiosité, après avoir vu un certain nombre de blogueuses en parler et avoir découvert qu’il avait été écrit par une ancienne blogueuse. Dans L’homme idéal (en mieux), on suit les péripéties d’Emilie, prof de lettres de 35 ans, séparée du père de sa fille et vivant en colocation avec sa libraire de meilleure amie, Clara. Un jour qu’elle remplace cette dernière à la librairie, elle rencontre Samuel, le père d’un de ses anciens élèves : il est veuf, ressemble à l’acteur Bradley Cooper et il semble immédiatement attiré par elle.

J’ai beaucoup aimé la première moitié du roman : on y retrouve certes les codes habituels de la chick lit mais c’est drôle, bourré de références culturelles classiques et contemporaines, et ponctué de conversations de filles qui sonnent juste et dans lesquelles on va forcément se reconnaître (oui, oui, même dans les plus graveleuses). On y croise une balance baptisée Salopa et un sex toy nommé Peter Rabbit ; on éclate de rire à de nombreuses répliques ; et, petit bonus, si l’on est blogueuse, on peut reconnaître certaines anecdotes arrivées à des copinautes. Bref, on s’amuse et la plume d’Angela Morelli est un régal.

Si l’on ajoutait à ça le fait que sa vie sexuelle ressemblait à un poème de Victor Hugo (« Waterloo, Waterloo, morne plaine ») et qu’elle était à court de Coca Light, autant dire qu’il y avait vraiment de quoi soupirer.

Il est donc d’autant plus regrettable que la suite du récit ne soit pas à la hauteur. Le principal problème de L’homme idéal (en mieux) c’est qu’il passe de la chick lit réussie à la mauvaise romance en cours de route, perdant tout ce qui faisait son sel au passage. Pour commencer, le personnage de Samuel ne fonctionne pas, il est bien trop parfait pour être intéressant : en tout cas, il m’a laissée totalament indifférente. Ensuite, on a droit à des séquences dignes d’une comédie romantique hollywoodienne et qui par conséquent ne sont absolument pas crédibles, ce qui ne m’aurait pas autant ennuyée si la première partie du roman n’avait pas été aussi réaliste.

Toutefois, ce qui illustre le mieux cette désastreuse transition du récit vers la romance, ce sont les scènes de sexe assez explicites qui m’ont donné l’impression d’être uniquement là pour surfer sur la vogue actuelle de l’erotica (il y a même une brève évocation de la pratique du BDSM qui semble totalement déplacée). A côté de ça, j’ai regretté le manque d’enjeu de l’intrigue : lorsque l’ex d’Emilie lui demande une nouvelle chance, on pense aussitôt que la jeune femme va hésiter entre Samuel et lui… mais en fait pas du tout ! Cela aurait pourtant mis un peu de piquant dans l’histoire Emilie/Samuel qui ronronne très vite une fois démarrée et peine à nous captiver. Je déplore également un certain parisianisme ambiant et une pointe de mépris pour la province (ce qui en tant que provinciale et fière de l’être m’a un poil énervée ^^).

Dommage parce qu’Angela Morelli avait réellement su trouver le ton parfait pour une vraie comédie de filles comme on les aime.

6 réflexions au sujet de « Tangled et autres lectures »

    • Lol oui c’est vrai que ça fait deux billets lecture avec des livres bof-bof 🙂

      De rien, quand j’aime je le dis, quand je n’aime pas aussi !

    • En fait j’ai beaucoup de mal avec la romance, j’en lis peu et j’essaie vraiment d’en choisir de bonnes, d’après les conseils des copines… mais ça ne marche pas à tous les coups ^^

      Je préfère de loin la chick-lit, même si là aussi j’ai parfois des déceptions 🙂

  1. J’ai Tangled dans ma Pal depuis des lustres, depuis que Cess en avait parlé il me semble mais à un moment il ne m’a plus fait envie donc je ne sais pas si je le lirai un jour. Pour L’homme idéal, j’avais aimé de bout en bout. Samuel est effectivement un peu trop parfait mais l’histoire et les personnages m’avaient fait pétiller 🙂

    • J’ai justement lu Tangled à cause de Cess ^^

      L’homme idéal m’a vraiment déçue pour le coup, parce que ça partait tellement tellement bien… Mais l’auteur a vraiment une bonne plume !

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