Vêtements populaires : quelles tailles vendent le mieux ?

Deux tailles de plus en vingt ans. Voilà ce que racontent les chiffres de la vente de vêtements en France. Pendant que la silhouette moyenne s’arrondit, les rayons, eux, s’obstinent autour du 38 et du 40. Le 44, largement porté, demeure discret sur les portants, alors que ses ventes grimpent plus vite que celles des tailles dites « standards ».

Certains labels réalisent désormais plus de 40 % de leur chiffre d’affaires sur le 46 et au-delà. Ce palier, longtemps inenvisageable pour les distributeurs traditionnels, change la donne. Pourtant, dès qu’il s’agit de proposer coupes variées et styles affirmés pour ces tailles, le choix se rétracte. Résultat : la demande explose sur les plateformes de seconde main, où la diversité reprend ses droits.

Le marché de la mode plus size : une évolution qui bouscule les codes

Le marché des vêtements grande taille redistribue les cartes du secteur textile. Après des décennies d’oubli, les morphologies hors « standards » s’imposent comme moteurs de croissance. Les enseignes ne peuvent plus faire l’impasse. Elles s’adaptent à la nouvelle donne :

  • Élargissement des collections pour couvrir davantage de morphologies,
  • Revue complète de la coupe pour plus de confort et de justesse,
  • Campagnes mettant en lumière des silhouettes variées, loin des clichés traditionnels.

Le courant body positive s’inscrit en toile de fond. Il pousse l’industrie à montrer des corps pluriels et à assumer cette diversité. Une impulsion qui traverse désormais toutes les stratégies, des vitrines aux réseaux sociaux.

Sur Instagram, des figures comme Stéphanie Zwicky, Lalaa Misaki ou Melinda (@Meliiinda_b) tracent la voie. À travers leurs looks et leurs conseils, elles rassemblent une communauté engagée et exigente. Leur influence va au-delà de l’image : la demande pour les tailles au-delà du 44 explose. Dans les ateliers, modélistes et créatrices de patrons doivent repenser chaque détail. Agrandir un modèle ne suffit pas. Il s’agit de revoir l’équilibre, de maîtriser les volumes, de sélectionner la matière adaptée.

La grille de tailles devient un argument de vente à part entière. Chaque marque façonne ses propres mesures. Un 40 ici n’est plus tout à fait le même qu’ailleurs. Le « vanity size », flatter la cliente en affichant une taille plus petite que la réalité, ajoute à la confusion. L’offre s’étoffe, mais les repères s’effritent.

  • Plus de choix, mais une vraie disparité entre les modèles proposés.
  • Le segment grandes tailles s’affranchit progressivement de l’étiquette « niche ».
  • Inclusivité : promesse sincère ou simple posture marketing ? Le débat reste ouvert.

Quelles tailles sont les plus recherchées aujourd’hui ?

La notion de taille de vêtement reste floue, surtout dès qu’on sort de l’Hexagone. En France, le duo de tête, 40 et 42, rafle la majorité des ventes. Le 36, omniprésent sur les mannequins, concerne finalement peu de clientes. Quant au 44, il avance à grands pas, mais son accès reste limité : le choix s’amenuise au fil des cintres.

À l’étranger, le paysage change de relief. Outre-Atlantique, la taille médiane grimpe au 16-18 US (46-48 FR). Les Britanniques affichent un 16 UK (44 FR), l’Allemagne privilégie le 42. Au Japon, la moyenne oscille entre 7 et 9 JP, soit un 34-36 européen. Les habitudes commerciales se calquent sur ces statistiques, quitte à brouiller les pistes pour les consommatrices.

Le vanity size accentue l’effet trompe-l’œil. On vous fait enfiler un 38 alors que vous portez un 40 ailleurs. La flatterie fidélise, mais la confusion s’installe. Les guides de tailles deviennent de véritables casse-têtes : les S, M, L ne correspondent plus à une équivalence fixe. Un S peut englober du 36 au 38, un M du 40 au 42…

  • En France, les tailles 40 et 42 restent les championnes des ventes.
  • Le 36 brille en vitrine, mais reste minoritaire dans la vraie vie.
  • Le 44 et au-delà : la demande grimpe, l’offre tarde à suivre.

Tendances et marques incontournables pour s’habiller avec style en grande taille

Les collections s’étoffent, les vitrines s’ouvrent : la mode grande taille ne se contente plus de quelques modèles passe-partout. Sur les podiums comme dans la rue, la diversité s’affirme. Les codes changent : la quête d’inclusivité s’impose, portée par la vague body positive qui repense l’allure et la création.

Dans les ateliers, les patronnistes s’attaquent au défi technique : adapter un modèle à une gamme élargie réclame des ajustements précis, une compréhension fine des courbes et des volumes.

Sur le terrain, certains noms font la différence. Gémo propose des vêtements jusqu’au 60. Violeta de Mango habille jusqu’au 54. Castaluna conjugue élégance et grande taille jusqu’au 60. Universal Standard casse les codes avec une offre du 00 au 40. Savage x Fenty célèbre la pluralité des morphologies, ASOS Curve aligne des milliers de références pensées pour toutes. Les enseignes hexagonales ne sont pas en reste : Kiabi et La Redoute élargissent leurs gammes, Make My Lemonade va jusqu’au 48, Meuf Paris décline ses modèles jusqu’au 3XL.

Les influenceuses grande taille dynamisent la scène. Stéphanie Zwicky, Lalaa Misaki, Melinda (@Meliiinda_b) ne se contentent plus de montrer : elles inspirent, négocient, collaborent et redéfinissent les standards. À travers elles, la grande taille s’assume, s’affiche, devient désirable et légitime. C’est toute la filière qui suit le mouvement, des créateurs aux acheteuses.

Employé en magasin arrangeant des vêtements sur un présentoir

Astuces pratiques pour dénicher des vêtements plus size sur Vinted et ailleurs

Trouver le bon vêtement grande taille sur Vinted devient un jeu d’adresse et de patience. La plateforme permet de filtrer par taille. Pour gagner du temps, il faut s’attarder sur les descriptions : bien souvent, les vendeuses précisent leurs mensurations, la longueur du vêtement ou l’aisance au niveau des hanches. Prendre le temps de lire, comparer, poser des questions : voilà ce qui fait la différence. Mieux vaut se fier aux centimètres qu’aux tailles affichées sur l’étiquette, tant la variabilité des tailles d’une marque à l’autre est grande.

La seconde main démultiplie les options. Outre Vinted, on peut explorer Vestiaire Collective, Le Bon Coin ou Imparfaite. Pour affiner ses recherches, quelques mots-clés précis s’imposent : « curve », « plus size », « grande taille », « oversize ». Certains comptes se spécialisent, proposent des sélections cohérentes, prennent soin de photographier les vêtements portés. Repérez ces profils, abonnez-vous, activez les alertes pour ne rien manquer.

  • Pensez au filtre « taille », mais vérifiez toujours les correspondances selon les marques.
  • Privilégiez les annonces avec photos portées pour mieux visualiser le tombé réel.
  • Demandez systématiquement les mesures clés : tour de poitrine, longueur, largeur d’épaules.
  • Lisez les avis et retours d’expérience sur la coupe ou la matière, ces détails pratiques valent tous les tableaux de tailles.

La diversité morphologique incite à explorer au-delà des rayons habituels. Les sections homme recèlent des chemises oversize, les rayons maternité proposent des coupes généreuses adaptées à d’autres besoins. Le marché se transforme, la sélection se peaufine, mais rien ne remplace la ténacité d’une recherche bien menée.

La mode, enfin, commence à ressembler à la vie réelle. Reste à voir jusqu’où les marques suivront ce mouvement, et qui décidera, demain, des nouvelles silhouettes sur les portants.

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