La nostalgie de l’ange – Alice Sebold

Chronique initialement parue en 2010 sur la V1 du blog

Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson ; prénom : Susie. Assassinée à l’âge de quatorze ans le 6 décembre 1973.

Susie a 14 ans lorsqu’elle est violée puis tuée par l’un de ses voisins, George Harvey. Elle laisse derrière elle ses parents, sa sœur cadette Lindsay, et son petit frère Buckley. Ces derniers sont anéantis par le chagrin, d’autant plus que le corps de Susie n’a pas été retrouvé et que l’enquête sur sa disparition n’avance pas. Cependant Susie n’est pas partie bien loin : du haut de son paradis, elle se met à observer ses proches – ainsi que son meurtrier.

La nostalgie de l'ange d'Alice Sebold, édition de poche

La nostalgie de l’ange (The Lovely Bones) est non seulement l’un des livres qui m’ont le plus bouleversée au cours de ma vie de lectrice mais c’est aussi, pour moi, un véritable chef-d’œuvre.

La première fois que j’ai lu ce roman, c’était en Irlande où je vivais à l’époque : étant tombée en panne de lecture, je m’étais rendue en urgence à la librairie du coin et j’avais choisi ce livre un peu par hasard. 

Je ne me suis jamais remise de cette découverte : une fois ouvert, je n’ai pas pu lâcher ce roman que j’’ai lu en moins d’une journée. J’ai commencé à pleurer à la page 247 (lorsque Susie retrouve son chien au paradis), ne me suis plus arrêtée jusqu’à la fin et ai pleuré encore longtemps après avoir refermé le livre. Et il en est de même à chaque relecture.

Je viens de le lire pour la cinquième fois et l’émotion et la magie sont toujours aussi présentes. Car oui, ce livre est magique et la magicienne se nomme Alice Sebold : d’un événement atroce, le meurtre brutal d’une adolescente, elle arrive à tirer une histoire magnifique et pleine de légèreté. En effet, La nostalgie de l’ange a beau être parsemé de moments empreints d’une émotion difficilement soutenable, il ne verse cependant jamais dans le pathos et c’est là tout le talent de son autrice. 

Le choix du point de vue, celui d’une jeune fille assassinée qui observe ceux qu’elle a laissés derrière elle depuis son paradis, constitue la grande force de ce roman. Toujours juste, l’écriture de Sebold est lumineuse, subtile, comme si elle posait les mots sur la page sans y penser ; et pourtant, toute la tristesse et la douleur ressenties par Susie, ainsi que par ses proches restés sur Terre, sont bel et bien présentes, presque palpables.

Elle regarde son père se mettre à soupçonner George Harvey et ce soupçon se transformer peu à peu en certitude, sans qu’il ne puisse jamais rien prouver. Elle voit sa mère se détacher peu à peu de sa famille et le couple de ses parents se déliter. Elle regarde son petit frère de quatre ans grandir et réaliser pleinement ce que signifie la disparition de sa grande sœur. Mais surtout, elle observe sa sœur Lindsay faire ce qu’elle ne pourra jamais faire : avoir un petit copain, faire des études, devenir une femme.

Il y aussi Ruth, une camarade de classe à laquelle Susie n’a pas beaucoup parlé de son vivant mais qui, après sa mort, deviendra en quelque sorte sa meilleure amie. Ruth est en effet la personne que l’âme de Susie a effleurée au moment de monter au ciel : événement qui a créé un lien entre elles. D’autant plus que Ruth a un don : elle est sensible à la présence des morts. C’est d’ailleurs elle qui fera à Susie le plus beau cadeau de son après-vie.

La nostalgie de l’ange est surtout un extraordinaire roman sur l’amour. L’amour qui lie un enfant à ses parents ou une sœur à sa fratrie. L’amour familial, inconditionnel, que même la mort ne peut briser. L’amour absolu.

Lisez La nostalgie de l’ange. Cette histoire vous brisera le cœur mais changera votre vie de lecteur !

7 réflexions au sujet de « La nostalgie de l’ange – Alice Sebold »

  1. Ce ne serait pas ce livre qui a été adapté en film ? Ça y ressemble bien, en tous cas, et j’ai adoré le film… sauf que du coup, difficile de lire le livre après. Et puis j’aime pas pleurer en lisant… Je me tâte…

    • Oui, oui, il a été adapté il y a quelques années et j’ai beaucoup aimé l’adaptation également.

      Je me souviens que tu m’as dit que c’était dur pour toi de lire un roman si tu as vu son adaptation avant 🙂 Et oui, là c’est quasi-impossible de ne pas pleurer… Mais il en vaut vraiment la peine selon moi !

  2. Je l’avais adoré ce bouquin, et je l’ai lu, relu, re relu… Mais ça fait quelques années, du coup tu me donnes envie de me replonger dedans ! (et c’est là que je regrette que mes livres soient chez mes parents ! )

    • Arf oui, ne pas avoir tous ses bouquins sous la main c’est relou… A attraper en priorité la prochaine fois que tu seras chez eux ! 🙂

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