Tic-tac : où je m’essaie à la poésie

Voilà un bon moment que je ne vous avais plus proposé de scribouillages ! Du coup, comme je viens juste d’en retrouver quelques-uns dans mes dossiers, je me suis dit que j’allais les republier ici, en commençant par Tic-tac.

En réalité, ce n’est pas du tout mon premier poème. Quand j’étais adolescente, j’en ai écrit des quantités, tous épouvantablement mauvais, parce qu’on ne va pas se mentir : à moins d’être la réincarnation de Rimbaud, on écrit rarement de la bonne poésie lorsqu’on est ado.

Tic-tac : post-it colorés

Je me souviens notamment d’un poème rédigé lorsque j’étais en troisième, qui parlait de « la première fois » (sachant que la mienne n’avait pas encore eu lieu) (mais j’étais dans ma période Harlequin/Barbara Cartland, à savoir les livres qui ont fait mon éducation sexuelle, ceci expliquant sans doute cela) et dont voici un extrait (le seul dont je me rappelle précisément parce qu’il avait beaucoup fait rire une copine d’enfance plus âgée que moi qui me l’a ressorti pendant des années) (tu m’étonnes) : ce tourbillon d’émotions charrié par le brûlant torrent de mes veines (la honte. Mais la hooooonte, purée) (ça ne veut strictement rien dire en plus). Je me souviens aussi que je l’avais écrit sur des post-it colorés, un vers par carré, parce que j’étais trooooop une artiste, tu comprends. Mon dieu. Heureusement qu’on a 14 ans qu’une seule fois, hein. 😛

Cependant, j’ai fait pire. Figurez-vous qu’au lycée j’ai carrément gagné un concours de poésie auquel j’avais participé en cachette : c’est d’ailleurs la première fois que j’en parle – faut dire qu’il y a prescription. Sur le moment, j’étais fière ; avec le recul, je suis partagée entre le fou rire international et la honte intergalactique (et je pense que le jury était bourré). Mon poème a été publié dans une anthologie que les organisateurs du concours étaient censés m’envoyer mais que je n’ai jamais reçue. Et comme je n’ai pas conservé le texte, imaginez-vous que je n’ai plus la moindre idée de ce dont il parle ! J’espère juste que je n’avais pas recyclé mon poème sur la première fois… :mrgreen:

Tic-tac - Coeur mécanique

Bref, j’ai écrit ce poème en 2011 pour un atelier d’écriture dont la consigne était « tic-tac ». L’inspiration m’avait frappée en pleine nuit et j’avais gribouillé ceci en cinq minutes (ça se voit) à trois heures du matin :

Tic-tac

Tic-tac, tic-tac

Tiiiiiic-taaaaaac…

Patraque !

La mécanique se détraque

Il n’y a plus personne pour faire battre mon cœur.

C’est ennuyeux, me dit le docteur

Je n’ai pas de médicament pour ça

Mais allez voir l’horloger

Il saura vous l’arranger.

Oh là là

S’écrie l’horloger horrifié

Tous vos rouages sont grippés

Et vous êtes dans un drôle d’état !

Vous devriez renvoyer celui qui vous a fait ça.

Ce n’est pas la peine vous savez

Réponds-je à l’horloger

Il a lui-même démissionné

Voilà plusieurs mois.

L’horloger me dit

Tant pis pour lui

Et tant mieux pour moi !

Certes votre cœur est un peu déglingué

Mais dès que je l’aurais réparé

Ҫa vous dirait d’aller au cinéma ?

Tic-tac, tic-tac

Mon cœur n’est plus patraque

Depuis que l’horloger le fait battre.

 

Je devais être dans une période « je fantasme sur les horlogers ». Mouarf.

Allez, c’est à votre tour de vous confesser. Écriviez-vous de la poésie quand vous étiez ado ? Avez-vous des anecdotes honteuses à ce sujet ? Racontez ! 

4 réflexions au sujet de « Tic-tac : où je m’essaie à la poésie »

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