Argo, histoire d’une exfiltration

Film vu et initialement chroniqué en mai 2015

Tout le monde (enfin tout le monde qui ne ronflait pas en cours d’histoire :mrgreen: ) a entendu parler de la fameuse prise d’otages de Téhéran de 1979, au cours de laquelle des étudiants iraniens prirent d’assaut l’ambassade américaine et y retinrent captifs une partie des employés pendant plus d’un an. En revanche, on connaît moins l’aventure de ces six diplomates (quatre hommes et deux femmes) qui réussirent à s’enfuir le jour de l’attaque et à se réfugier à l’ambassade canadienne, d’où la CIA les a ensuite exfiltrés à l’aide d’un subterfuge consistant à les faire passer pour l’équipe de tournage d’un film de science-fiction. C’est l’histoire de cette exfiltration que raconte Argo.

Ben Affleck dans Argo

Argo était sur ma liste-à-voir depuis sa sortie en 2012 parce que :

1) Il raconte un épisode de l’histoire américaine : or, si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que c’est l’un de mes dadas. Quant à ceux qui a) ont découvert ce blog récemment*  b) me suivent depuis un moment mais b1) ont la mémoire de Dory**   b2) font seulement semblant de s’intéresser à ce que je dis***, je rappelle que j’ai fait des études d’anglais, que ma spécialité était la civilisation du monde anglophone et plus précisément américaine (ce qui m’est très utile au quotidien. C’est vrai quoi, on ne sait jamais quand on peut avoir besoin de savoir distinguer les deux Présidents Roosevelt l’un de l’autre, hein. Ha).

2) Il raconte aussi un épisode de l’histoire iranienne et depuis que j’ai lu Persepolis (dont je parle ici), j’ai développé une sorte de fascination pour l’Iran.

3) Le film a reçu de nombreuses nominations et récompenses, dont l’Oscar du Meilleur Film en 2013.

4) Je voulais voir ce que donnait Ben Affleck en tant que réalisateur (je n’ai vu ni Gone Baby Gone ni The Town).

Puis le BatFleck, quand même. Depuis que j’ai fait ce rêve et surtout depuis que j’ai vu une nanoseconde du BatFleck dans le trailer de Batman vs Superman, Beninouchet est de nouveau entré dans mon Top Hormonal (aka le classement des messieurs qui affolent mon système endocrinien – que voulez-vous, moi les milliardaires déguisés en chauve-souris géante, ça me met dans tous mes états) (but don’t worry Christian, you’re still my BatNumberOne).

Lecteurs du blog : Non mais sinon, tu comptes nous parler du film un jour ou pas, là ? Parce que tes histoires de système endocrinien et de fétichisme chauve-sourien, comment te dire…

Oui, oh ça va, deux minutes, hein.

Argo, donc. Verdict : j’ai aimé mais ce n’était pas la bombe cinématographique à laquelle je m’attendais, compte tenu de tous les lauriers récoltés par le film. Le sujet est évidemment excellent, avec un intéressant côté documentaire dû aux images d’archives qui y ont été insérées. En revanche, son traitement l’est un peu moins. Concernant la réalisation, Affleck fait le job : le film est prenant juste ce qu’il faut et on partage l’angoisse des Six, même si l’on sait d’avance qu’ils sont tous parvenus à sortir du pays (je ne spoile pas, il s’agit d’un épisode d’histoire contemporaine). Seulement voilà, j’aurais aimé un peu plus les connaître, ces Six : or le film se concentre surtout sur Tony Mendez (Ben Affleck), l’agent de la CIA qui a monté et exécuté le stratagème. Certes, j’ai bien compris qu’il s’agit d’un parti pris mais j’ai déploré que les Six ne soient finalement que des personnages secondaires dont, à part leurs noms, on ne connaît rien du tout, au point que j’ai passé le film à confondre les quatre hommes du groupe, ne sachant jamais qui était qui et qui était marié à qui (faut dire que toutes ces affreuses moustaches seventies, ça n’aide pas 😀 ).

Les dialogues sont bons et les acteurs aussi. J’ai particulièrement apprécié John Goodman et Alan Arkin, dont les personnages sont chargés de camper les producteurs du faux film (qui s’intitule justement Argo et dont le script est hilarant) et apportent une touche humoristique réussie à l’ensemble (le gimmick « Argo F*ck Yourself » m’a beaucoup amusée).

Le souci, c’est que le scénario part un peu en vrille dans la dernière partie du film. Pour commencer, au début d’Argo, on nous précise bien qu’aucun des Six ne parle le farsi (c’est-à-dire le persan, la langue officielle de l’Iran). Or, à l’aéroport, au moment où Tony et les Six s’apprêtent à prendre l’avion, un garde se montre suspicieux et l’un des hommes du groupe se met soudain à lui parler en farsi couramment – paie ton incohérence ! Ensuite, alors que nos protagonistes sont enfin dans l’avion qui s’apprête à décoller, les autorités iraniennes se rendent compte de leur véritable identité et là on assiste à une scène absolument grotesque : un garde iranien fracasse une baie vitrée avant de s’engager dans une course-poursuite avec l’avion sur le tarmac… alors qu’il lui suffisait simplement de décrocher son téléphone et de dire à la tour de contrôle de ne pas autoriser le décollage de l’appareil, avant d’aller tranquillement y cueillir Tony et les Six 🙄 . Ce passage est d’autant plus ridicule que dans la réalité il ne s’est pas du tout produit : Ben Affleck (ou son scénariste) a voulu rajouter de la tension dramatique mais s’y est très mal pris car la scène est simplement ridicule. 

En dépit de ce final un peu loupé, Argo n’en demeure pas moins un bon film que je vous conseille, surtout si l’histoire américaine vous intéresse.

Puis le BatFleck est quand même le seul gars du film à rester sexy avec une coupe de cheveux et une moustache des 70’s. Et ça, ça mérite bien un Oscar. 😛

___________

* Bienvenue \o/ !

** Si vous ne reconnaissez pas la référence, honte sur vous. Si.

*** Ça va grave barder pour votre matricule, les gens. Si j’étais vous, j’appellerais vite Ben Affleck pour qu’il m’exfiltre de ce blog avant que je ne vous retrouve.

2 réflexions au sujet de « Argo, histoire d’une exfiltration »

  1. Je l’ai vu lors de sa sortie au ciné et il m’avait beaucoup plu. La fin notamment m’a marqué : bien qu’on la connaisse, il réussit à nous faire ressentir la tension (lorsqu’ils sont à l’aéroport).

    • On sent la tension avant l’embarquement oui mais je trouve que du coup la scène de la course-poursuite casse tout le travail fait avant tellement elle est ridicule 🙂

Dites un truc chouette, un truc à paillettes, un truc qui fait des claquettes ou même un truc qui n'a ni queue ni tête :-)