The Silver Linings Playbook – Matthew Quick

Si l’on a beaucoup entendu parler du film The Silver Linings Playbook (que j’ai personnellement trouvé médiocre mais j’y reviendrai dans un prochain billet), on en a revanche beaucoup moins parlé du superbe roman éponyme de Matthew Quick dont il est adapté et qui fut l’un de mes coups de cœur 2013. Etant donné qu’il sort en français en avril (sous le titre d’Happiness Therapy, comme pour le film), je me suis dit qu’il était grand temps de vous donner envie de le lire !

The Silver Linings Playbook de Matthew Quick en deux éditions.

I don’t want to stay in the bad place, where no one believes in silver linings or love or happy endings.

Silver lining est une expression désignant le bon côté des choses et qui provient de l’idiome Every cloud has a silver lining signifiant que dans toute situation négative il y a toujours un aspect positif. Un adage en lequel croit fermement Pat Peoples, le narrateur de The Silver Linings Playbook, qui, après avoir passé plusieurs années en hôpital psychiatrique, revient vivre chez ses parents avec un but bien précis en tête : aller suffisamment mieux, aussi bien mentalement que physiquement, afin de reconquérir Nikki, son ex-femme. Il continue donc à suivre une thérapie, s’adonne intensément à la musculation et court tous les soirs.

Pat est persuadé que lorsque ce qu’il appelle leur « temps de séparation » prendra fin, il sera devenu quelqu’un de meilleur et que Nikki lui reviendra. L’ennui, c’est qu’il a complètement oublié l’évènement qui l’a conduit en HP : or, à en juger par les réactions et allusions de son entourage, le mystère qui plane autour de Nikki, ainsi que par les violentes crises de colère auxquelles Pat est sujet, on comprend qu’il s’agit de quelque chose d’assez grave qui pourrait compromettre la réussite de son projet.

Most people lose the ability to see silver linings even though they are always there above us almost every day.

The Silver Linings Playbook est donc l’histoire d’un homme dont la vie a été interrompue pendant quatre ans, et qui essaie de retrouver ce qu’il a perdu (sa femme, sa famille – son père refuse de lui adresser la parole, il a manqué des évènements importants dans la vie de son frère – et sa mémoire) en se retrouvant lui-même au passage. J’ai adoré Pat, sa narration déconcertante de naïveté et son optimisme à toute épreuve, en dépit de l’incompréhension de ses proches qui essaient de lui faire comprendre (sans toutefois vouloir lui révéler la vérité) que Nikki ne reviendra pas, et qu’il trouve très négatifs. J’ai aussi beaucoup aimé l’étrange amitié qu’il noue avec Tiffany, une jeune femme ayant sombré dans la dépression après le décès de son mari, et qui est elle aussi revenue vivre chez ses parents. Bien qu’ils aient dépassé la trentaine, Pat et Tiffany sont comme deux enfants abandonnés par la vie qui essaient de prendre une douce revanche sur cette dernière, à coups de pensées positives (pour lui) et de concours de danse (pour elle).

We did not say anything on the walk here ; we did not say anything when we were waiting for our server to bring the milk, bowl and box. I’m starting to understand that we have the type of friendship that does not require many words.

Dans ce roman, il y a aussi de nombreux matches des Eagles (l’équipe de football américain dont Pat, son père et son frère sont fans); le « meilleur psy du monde entier » ; et le premier rendez-vous le plus bizarre, le plus adorable, le plus drôle et le plus touchant que j’aie jamais vu. Il y a surtout la très jolie plume de Matthew Quick qui réussit l’exploit de traiter le grave sujet de la maladie mentale avec finesse, justesse, humour et émotion. En plus de dispenser une belle leçon de vie, The Silver Linings Playbook est une vraie ode aux mentally fucked-up people et à leur différence : un livre que toutes les personnes souffrant de troubles psychologiques (et leur entourage) devraient lire.

You better watch out, or you’re going to be defeated by pessimism!

Bref maintenant qu’il sort en français, vous n’avez plus aucune excuse et vous savez ce qu’il vous reste à faire !

12 réflexions au sujet de « The Silver Linings Playbook – Matthew Quick »

  1. Je n’aurais jamais fait le lien avec Happiness Therapy ! (que j’ai très envie de voir même si tu le trouves moins bon) mais du coup le livre pourrait bien me tenter !

    • Non mais cette manie de traduire un titre en anglais par un autre titre en anglais m’exaspère au plus haut point… autant laisser le titre original !

      Le film m’a effectivement déçue, je trouve qu’il ne rend pas justice au roman qui est fantastique 🙂

  2. Et crotte, j’ai vu le film. Impossible de lire le livre après avoir vu le film, et ça marche dans les deux sens pour moi: livre ou film, faut choisir, le doublon me laisse toujours trop frustrée. Dans quelques années, peut-être, quand la lente dégénérescence de mes neurones me fera oublier que j’ai vu le film 😀

    • Arf 🙂 C’est vrai que j’ai moins envie de lire le livre si j’ai vu le film avant, sauf si j’ai vraiment aimé le film (rigole, mais c’est comme ça que j’ai lu les Twilight : parce que ma frangine m’avait traînée voir le premier film au ciné et que j’ai bien aimé, tout en reconnaissant qu’il n’était pas très bon et que les bouquins devaient être meilleurs – ce qui est le cas ^^). En règle générale, j’essaie toujours de lire le livre avant !

      Sinon oui, note-le pour plus tard 😛

    • Oui je suppose que si on voit le film avant, on est peut-être moins déçu 🙂 En tout cas si tu as aimé le film, je suis certaine que tu vas également aimer le roman !

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