Raconte-moi un mensonge (MOOC C. Duquenne #1)

En septembre 2018, l’autrice Cécile Duquenne a lancé un MOOC d’écriture créative en vidéo sur sa chaîne Youtube. Celui-ci reprend des techniques que Cécile a expérimentées durant les cours d’écriture créative qu’elle a donnés à l’université et dure un an, à raison d’un atelier par mois. Il est accessible en permanence et vous pouvez le démarrer à tout moment.

J’ai décidé de suivre ce MOOC et de publier mes participations sur le blog, afin d’avoir le plus de retours possibles sur ces dernières. 

Carnets d'écriture et chocolat chaud (Raconte-moi un mensonge, premier atelier du MOOC d'écriture créative de Cécile Duquenne)

Le premier atelier s’intitule Raconte-moi un mensonge et sa consigne est la suivante : raconter trois anecdotes d’enfance, deux vraies et une fausse – sans préciser lesquelles sont véridiques et laquelle est inventée.

Pour plus de détails, voici la vidéo de Cécile :

Première anecdote

A l’instar d’Harry Potter, je possède une cicatrice sur le front : toutefois la mienne semble être invisible. Chaque fois que j’essaie de la montrer à quelqu’un, la personne m’assure qu’elle ne distingue pas le moindre stigmate à l’endroit que je lui désigne. Pourtant cette cicatrice existe bel et bien puisque je suis moi-même capable de la voir. Peut-être est-ce parce que je suis la seule à savoir exactement où elle est située ; ou peut-être ma cicatrice est-elle réellement invisible aux yeux des autres, qui sait ?

Quand j’avais 4 ans, j’ai descendu les escaliers de mon immeuble d’une manière assez originale : en roulé-boulé sur deux étages. La version officielle n’est pas très claire sur ce qui s’est vraiment passé : selon l’un des deux témoins, j’ai tout bêtement raté une marche ; selon le second, j’ai entendu du bruit à l’étage inférieur et, étant une enfant aussi curieuse que mal coordonnée, je me suis penchée pour voir ce qui le provoquait et j’ai perdu l’équilibre.

En revanche, tout le monde s’accorde sur la suite des événements : un front ouvert, du sang partout, des parents hystériques m’emmenant aux urgences au triple galop et quelques points de suture dont les témoins ne sont pas capables de se rappeler le nombre exact. On peut cependant pardonner leur manque de précision : ils étaient jeunes, j’étais leur premier enfant et les pauvres pensaient que j’étais en train de me vider de mon sang.

Quant à moi, je n’ai gardé que deux souvenirs de cette cascade. Le premier est un rêve récurrent dans lequel je dégringole des escaliers avant de me retrouver allongée avec un bout de tissu vert sur les yeux (il s’agit du champ stérile que le médecin avait placé sur mon visage tandis qu’il recousait mon front). Le second est ma cicatrice invisible.

Harry Potter montre sa cicatrice

Seconde anecdote

Marcel Pagnol est mon auteur français favori et je l’ai découvert à l’âge de 8 ans avec ses Souvenirs d’enfance, grâce à mon institutrice de CE2. Dans Le château de ma mère, Marcel, qui a alors 9 ans, n’a pas envie que les grandes vacances se terminent et ne veut pas retourner en ville : il décide donc de faire son baluchon et de partir vivre dans les collines si chères à son cœur.

Quelques semaines après avoir lu les Souvenirs pour la première fois, j’ai eu une grosse dispute avec ma mère et, suivant le mauvais exemple de Marcel, j’ai décidé de fuguer et d’aller vivre dans la colline qui se trouvait en bordure de notre lotissement.

J’ai donc jeté quelques affaires dans mon petit sac à dos, raconté à maman que j’allais jouer dehors avec les autres enfants du quartier, et suis partie arpenter la pinède voisine en cherchant un endroit où m’installer.

Tout comme celle de Pagnol, ma fugue n’a duré que quelques heures ; et tout comme ses parents, les miens n’en ont jamais rien su. Marcel est rentré chez lui sous prétexte que la source qu’il était censé utiliser ne donnait pas assez d’eau pour qu’il puisse se laver ; je suis rentrée à la maison à l’heure du goûter après avoir croisé un lézard et réalisé que vivre dans la colline allait impliquer de cohabiter avec ces horribles créatures.

Que voulez-vous, j’ai la phobie des reptiles.

Pinède

Troisième anecdote

Si vous demandez à mes parents à quel âge j’ai cessé de croire au Père Noël, ils vous répondront 6 ans, en ajoutant que j’ai découvert le grand complot parental mondial lorsqu’une camarade de classe indélicate me l’a révélé au cours de ma première semaine de CP.

En réalité il s’avère que ce sont mes parents qui pendant plusieurs années ont été victimes d’une mini-conspiration de ma part : à l’âge de trois ans je les ai surpris en train de disposer les cadeaux au pied du sapin et j’ai compris que cette histoire de gros barbu vêtu de rouge c’était du flan.

Toutefois, mes géniteurs ayant l’air de tenir à leur petite supercherie, j’ai donc continué à jouer le jeu jusqu’à mes 6 ans pour leur faire plaisir, allant par exemple gentiment me dissimuler dans la chambre de mes grands-parents au cours du réveillon tandis qu’un monsieur, que je savais pertinemment être mon grand-père et non pas un Père Noël soi-disant trop timide pour rencontrer les enfants, toquait à la porte d’entrée en ho-ho-ho-tant.

Puis je suis entrée au CP et ma petite sœur est née : me disant que mes parents avaient désormais quelqu’un d’autre à qui raconter des craques au sujet du petit renne au nez rouge, j’ai donc profité du fait qu’une de mes camarades ait effectivement cru me vendre la mèche (raté, Sabrina !) pour leur annoncer que bon vous êtes bien mignons mais vos histoires de généreux barbu, je n’y crois plus.

J’ai néanmoins accepté de rejoindre le grand complot père-noëllien afin que ma sœur et mon frère puissent à leur tour découvrir le moment venu que non, il n’y a pas un type qui s’amuse à faire du toboggan dans les cheminées durant la nuit de Noël et que le seul truc rouge, ce n’est pas le museau de Rudolph mais le compte en banque de nos parents après qu’ils aient acheté nos présents.

Figurine de renne au nez rouge accrochée à un sapin

Cet exercice a été facile à faire pour moi, d’abord parce que je pourrais emplir des cahiers entiers avec mes anecdotes d’enfance, ensuite parce que vous savez que j’adore raconter ma vie ^^.

Et maintenant (voix d’animatrice télé), c’est à vous de jouer ! 

Selon vous, quelles anecdotes sont vraies et laquelle est fausse ? Et pourquoi ?

J’éditerai l’article pour donner la réponse lorsque je publierai ma participation au second atelier. Merci de m’avoir lue ! 

39 réflexions au sujet de « Raconte-moi un mensonge (MOOC C. Duquenne #1) »

  1. Je suis bien incapable de dire qu’elle est la fausse car je les crois toutes crédibles. Ma soeur a aussi essayé de fuguer quand elle était petite (genre vers 6 ans) car elle pensait qu’elle serait mieux dans les bois et elle avait aussi préparé son baluchon (mais je crois qu’elle n’a pas eu le temps de sortir de la maison :)), le truc du père Noël c’est classique et la cicatrice, why not mais bon je dirais que c’est celle-là la fausse du coup 😀 En tout cas, tes histoires étaient super vivantes et agréables à lire !

    • Hu hu, tu n’es pas loin en disant qu’elles sont toutes crédibles parce que l’anecdote fausse possède un fond de vérité !

      Je vois que ta sœur aussi a ressenti « l’appel de la forêt » (^^) mais heureusement qu’elle n’a pas eu le temps de sortir de la maison. Moi j’avais le droit d’aller jouer dans la colline avec les enfants du voisinage, du coup ma mère ne s’est jamais rendu compte que lorsque je suis sortie cet après-midi là j’avais l’intention de ne pas revenir 😛

      Et merci beaucoup Frankie 🙂

  2. Je crois que c’est la deuxième anecdote qui est la fausse car tout le monde sait ici que ton auteure favorite est Jane Austen 😀 😛 😀
    et si ce n’est pas suffisant comme argument tant pis ! J’ai quand même adoré tes 3 histoires. Bises

      • Voilà, Pagnol est mon auteur français préféré, pas mon auteur préféré tout court ^^

        Cela dit, My, l’anecdote qui est fausse ne l’est qu’à cause d’un petit détail… tout le reste de l’anecdote est vrai.

        Et merci beaucoup 🙂

  3. Caro, à chaque fois j’oublie mais les notifications par mail des nouveaux commentaires ne fonctionnent pas depuis longtemps. Du coup, je suis obligée de laisser la page ouverte pour voir les réponses.

    • C’est bizarre, je viens de vérifier dans Jetpack et la fonction est pourtant toujours activée… Donc je ne sais pas trop d’où vient le souci 🙁

    • Huhu ^^ C’est normal, parce que même l’anecdote fausse est presque entièrement vraie, j’ai juste menti sur un détail 😛

  4. Je dirais que l’anecdote 3 est fausse !!!
    Te connaissant, la 1 est totalement vraie. Je te visualise bien avec une cicatrice sur le front même si je n’ai pas le souvenir de l’avoir vue ou du avoir fait attention.
    La 2, vu notre coin, on a grandi avec Marcel Pagnol et toi qui as toujours aimé lire, je te vois bien faire ça, puis abdiquer voyant la faim et les lézards venir.
    Quant à la 3, je pense qu’elle est vraie sauf concernant le prénom de la fille qui a vendu la mèche.

    • Je viens d’exploser de rire, parce que sans t’en rendre compte tu chauffes ! 😛

      (en revanche, Sabrina a bel et bien existé, et tu viens de la vexer à mort, lol)

  5. J’adore ce concept ! Mais, alors, te dire quelle histoire est la fausse ? J’ai envie de te dire la troisième… Je veux bien croire que tu aies chopé tes parents en plein crime de Noël, et que la fameuse Sabrina ne t’a rien appris mais… tenir ta langue et jouer le jeu pendant 3 longues années ? Je n’arrive pas à y croire… peut être parce que moi, je n’aurais même pas tenu 3 minutes !

  6. Hello, tu es vraiment douée ! J’ai vraiment du mal à distinguer le vrai du faux. A mon avis, je dirais peut-être la numéro 3 quand tu dis que tu as surpris tes parents à 3 ans. Ça me semble un peu juste d’avoir ce genre de souvenirs dès 3 ans. Ou bien peut être que tu es vraiment tombée de l’escalier mais que tu n’as pas de cicatrice ! J’ai vraiment trop hâte de connaître le fin mot de l’histoire.
    A bientôt.

    • Merci beaucoup Cindy 🙂

      Mes premiers souvenirs remontent à mes 3 ans, il est donc possible que je me souvienne d’avoir grillé mes parents la nuit de Noël à cet âge-là… si tant est que l’anecdote 3 soit vraie ^^ !

    • De rien 🙂

      C’est aussi pour cette raison que j’ai décidé de mettre mes participations à cet atelier sur le blog ! Cela fait longtemps que je cherchais un cours d’écriture créative, mais tous ceux que je trouvais étaient beaucoup trop chers et je sais que pas mal de gens qui écrivent sont dans mon cas, donc si en plus ça peut servir à d’autres personnes, c’est chouette !

    • Merci 🙂
      Et si tu n’arrives pas à dire quelle anecdote est fausse, c’est que j’ai bien fait le job ^^. En même temps, celle qui est fausse ne l’est que sur un petit détail 😛

  7. Je dirais que c’est la seconde anecdote qui est un mensonge. Elle m’a l’air plus romancée et malgré tout moins détaillée que les 2 autres… mais peut-être que c’est justement parce que tu t’appuies sur un roman pour en parler… j’aime beaucoup les 3, quoi qu’il arrive 😉

    • Ah ah, intéressant ! Il faut savoir que l’anecdote fausse ne l’est que par un petit détail, donc même si c’est la 2 une grande partie de cette dernière est véridique… Suspense ma chériiiiiiie (ok, faut vraiment que j’arrête avec Cristina) (je t’ai parlé de mon amour des running gags qui ne font marrer que moi ? ) 😛

      Et merci beaucoup Mlle A !

    • Oui je trouve que Cécile Duquenne a eu une chouette idée avec cet exercice, c’est drôle et original.
      Et ça peut effectivement être une bonne activité pour des élèves !

Dites un truc chouette, un truc à paillettes, un truc qui fait des claquettes ou même un truc qui n'a ni queue ni tête :-)