Robots, dinos et talons hauts : Pacific Rim & Jurassic World

Il est préférable que vous ayez vu les deux films en question parce que je divulgâche pas mal.

Autrement dit: spoilers sweeties !

Affiche du film Pacific Rim - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Pacific Rim – Guillermo del Toro (2013)

J’ai regardé Pacific Rim un soir où il passait à la télé, et ce n’est qu’à la moitié du film que je me suis aperçue qu’en fait je l’avais déjà vu au ciné – c’est dire s’il m’avait marquée.

Il faut avouer que je ne suis pas vraiment le public idéal pour ce genre de film. Je me suis d’ailleurs demandé quel argument on avait bien pu employer pour me traîner le voir sur grand écran à sa sortie :

A) C’est l’été, on meurt de chaud et les salles de ciné sont climatisées.

Le nombre de bouses que je suis allée voir uniquement pour cette raison est d’ailleurs affolant.

B) J’ai des tickets gratuits pour ce film.

Encore heureux, ça m’aurait fait mal de payer dix euros pour ça.

C) Tu adorais Goldorak quand tu étais gamine.

J’avais totalement un crush sur Actarus.

D) Il y a Idris Elba dedans.

Charlie Hunnam ne pouvait pas être un argument valide vu qu’il ne me fait ni chaud ni froid.

E) C’est Guillermo del Toro qui l’a réalisé et tu adores Guillermo depuis Le Labyrinthe de Pan.

Ce film est un purée de chef-d’œuvre. Et j’aime bien Hellboy aussi. Et Guillermo est trop chou

La bonne réponse est probablement un combo des 5 propositions.  

Attaque de San Francisco - Pacific Rim - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Un beau matin, une grosse bêbête venue d’une autre dimension émerge d’une brèche située au fond de l’océan Pacifique et se met à ravager San Francisco. Quelques mois plus tard, une bestiole similaire détruit Manille. A partir de là, les grandes villes du littoral pacifique sont régulièrement attaquées par l’un de ces kaijus – mot japonais signifiant à peu près gros monstre vilain pas beau qui passe beaucoup trop de temps à la salle de muscu et qui devrait vraiment ralentir sur les stéroïdes. A noter que ces braves bêtes apparaissent une à une, chaque fois à plusieurs mois d’intervalle, alors qu’il serait plus intelligent de sortir toutes en même temps et de ratiboiser la planète d’un seul coup.

Kaijus: Non mais en fait, on a décidé de perpétuer le cliché du fan de bodybuilding décérébré.

Ah d’accord, au temps pour moi.

Afin de lutter contre les kaijus, les humains mettent en place le programme Jaeger qui consiste en des robots géants pilotés par deux personnes partageant une connexion télépathique (je pense que les concepteurs du programme sont fans de Bioman. Si vous vous demandiez qui peuvent bien être ces gens qui vont aux concerts de Bernard Minet, ne cherchez plus). Au début ça fonctionne et les bestioles prennent cher pour leur grade. Elles décident donc de passer encore plus de temps à la muscu et deviennent progressivement de plus en plus fortes, au point que les Jaeger perdent de leur efficacité et commencent à se faire démolir les uns après les autres. Le programme est donc sur le point d’être abandonné: à sa place, les gouvernements décident de construire un mur longeant tout le littoral pacifique.

Moi: Et vous ne pouviez pas commencer par ça ?!

Deux minutes plus tard un kaiju revisite l’architecture de Sydney, après avoir allègrement défoncé ledit mur en sifflotant.

Moi: Ok, j’ai rien dit.

Les autorités décident alors de donner une dernière chance au programme Jaeger et autorise Stacker Pentecost (Idris Elba) à diriger une ultime mission mais attention, si ça ne fonctionne pas, on arrête définitivement les frais, parce que ça commence à coûter bonbon, votre cosplay de Goldorak, là.

Pentecost va alors chercher son meilleur pilote, Raleigh Becket (Charlie Hunnam), qui s’est rangé des voitures, pardon des robots géants, depuis qu’il a perdu son co-pilote de frère lors d’une sortie en Jaeger.

Pentecost: Hé mec, ça te dirait de retourner castagner du kaiju ?

Raleigh: Non merci mec, je suis traumatisé, tu te rappelles ?

Pentecost: Allez viens, j’ai un super plan pour anéantir définitivement les grosses bébêtes ! On va balancer une bombe dans la brèche !

Moi: Et vous ne pouviez pas commencer par ça ?!

Raleigh: On a déjà essayé, je te signale, ça n’a pas marché.

Moi: Ok, j’ai rien dit.

Attaque de Sydney - Pacific Rim - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Pentecost insiste sur le fait que son plan est trop de la balle, Raleigh finit par céder et on se retrouve à Hong Kong dans une base où sont regroupés les 4 Jaeger restants. Et là, c’est un défilé de personnages clichés.

On a d’abord Mako Mori, la protégée de Pentecost, qui possède un passé bien évidemment tragique (ses parents se sont fait boulotter par un kaiju), et qui voudrait bien devenir pilote –  sauf que Pentecost n’est pas d’accord et qu’elle est incapable de lui tenir tête, même lorsque Raleigh, qui la veut comme co-pilote, l’exhorte à le faire. C’est la seule protagoniste du film (sur deux personnages féminins en tout. Soupir) et son traitement est désolant. 

On a ensuite le pilote beauf, Chuck Hansen, qui roule des mécaniques et se sent clairement menacé par l’arrivé de Raleigh. A un moment, ils vont d’ailleurs se battre – ce qu’on n’avait pas du tout vu venir.

Les autres pilotes de Jaeger sont des triplés chinois, les Wei Tang, qui ont trois lignes de dialogue (une chacune – comme c’est mignon), ainsi qu’un duo russe composé d’un frère et d’une sœur : Aleksis et Sasha Kaidanovsky. Aleksis a droit à 4 lignes de dialogue, Sasha – qui est donc le seul autre personnage féminin du film – en a une seule (re-soupir).

Enfin, on a une paire de scientifiques excentriques qui passent leur temps à se chamailler.

Mako Mori dans Pacific Rim - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Le scénario, quant à lui, n’est pas mieux écrit que les personnages.

Pour commencer, Raleigh ayant besoin d’un co-pilote, on a droit à une scène au cours de laquelle il se bat avec les candidats au poste : non seulement je n’ai toujours pas compris en quoi cela permet de jauger le degré de compatibilité, mais de plus c’est un passage complètement inutile puisqu’on sait parfaitement dès la seconde où l’on apprend que Mako veut être pilote que c’est elle qui finira dans un Jaeger avec Raleigh.

Et surprise surprise, c’est elle qui finit dans un Jaeger avec Raleigh. Pas parce qu’elle a fini par se rebeller contre Pentecost, hein, c’est tout simplement lui qui a changé d’avis et lui a donné sa permission (re-re-soupir).

Pendant ce temps, un des scientifiques se balade dans l’esprit d’un kaiju et apprend que ces derniers ont déjà essayé de coloniser la Terre auparavant: il s’agissait des dinosaures. Ah ? Eh bien on peut dire que les bestioles sont persistantes: 65 millions d’années après, elles n’ont toujours pas lâché l’affaire.  

Après on a des dialogues cucu-la-praline entre Mako et Pentecost, Pentecost et Raleigh, Raleigh et Mako.

Moi: Si c’était une tentative de donner de la profondeur aux personnages, c’est loupé. Faites plutôt péter Goldorak et Godzilla !

Sauf que lorsqu’ils font effectivement péter Goldorak et Godzilla, ce n’est guère mieux.

Le plan est donc de balancer une ogive nucléaire dans la brèche au moment où celle-ci s’ouvre. Le hic, c’est que ladite brèche est programmée pour laisser passer uniquement les kaijus (elle lit leur code génétique). Il faudrait donc que les Jaeger s’approchent le plus possible d’un kaiju situé près de la faille afin de se servir de ce dernier pour la franchir. Dans ce cas, pourquoi attendre que les kaijus (oui parce que cette fois-ci ils sont deux. Soit ils ont fini par percuter que sortir un par un n’était pas super stratégique, soit il y en a un qui s’est trompé de chemin en se rendant à la salle de sport) s’approchent de la côte pour leur tomber sur le râble – surtout qu’ils sont en mesure de prédire quand le prochain kaiju montrera le bout de son affreux museau.

Kaiju n°1: Hé ho, c’est pas sympa, ça ! Surtout que j’ai subi une museauplastie pour l’occasion !

Moi: Oh ! Je m’excuse. Je reformule:

… surtout qu’ils sont en mesure de prédire quand le prochain kaiju montrera le bout de son museau parfaitement redessiné. Pourquoi ne pas stationner un bombardier au-dessus de la brèche, exploser les bestioles à la seconde où elles en émergent (d’ailleurs c’est ce qu’ils auraient dû faire depuis le début mais bon) puis se servir des corps pour traverser la faille ?

(Le pire c’est qu’ils pouvaient faire encore plus simple : vu qu’ils possèdent des morceaux de kaijus morts, il suffisait de se servir de l’un d’entre eux pour faire passer la bombe dans l’ouverture).

Kaiju n°1: Ah mais non s’ils font ça, je n’aurais pas le temps d’exhiber mon fabuleux nouveau museau !

Moi: Je suis navrée de t’apprendre que ton nouveau museau va se faire maraver quoi qu’il en soit. Et tu sais comment ?

Mako & Raleigh: Avec la super épée dont est équipé notre Megazord ! Qu’on ne sortira qu’au dernier moment, après avoir tranquillement regardé nos camarades se faire massacrer !

Honnêtement, après le coup de l’épée, j’étais Team Kaiju.

(Et en vrai, le Jaeger de Mako & Raleigh ne s’appelle pas Megazord, mais Gipsy Danger – un nom légèrement problématique qui ne semble pourtant pas avoir fait tiquer grand monde)

Oh sinon, Kaiju n°1, avant de te faire casser la margoulette, est-ce que tu pourrais répondre à une petite question, s’il te plaît ? Ton pote, là, il s’est gouré de chemin en allant à la muscu, pas vrai ?

Kaiju n°2: Hé ! Pas du tout !

Moi: Ah ?

Kaiju n°2: Je n’allais pas à la salle mais à ma séance d’UV.

Kaiju de Pacific Rim nous révélant le secret de sa peau bien bronzée - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Une autre preuve que les kaijus ne sont décidément pas futés : on découvre que certains d’entre eux sont capables de voler.

Moi: Oh les mecs vous êtes sérieux, là ? Si vous saviez voler et que vous pouviez aller plus loin dans les terres, pourquoi vous vous êtes contentés d’attaquer les villes côtières ? Et tant que j’y suis, pourquoi ne pas avoir envoyé vos kaijus de classe 5 dès le départ ? Tous en même temps ? En deux-trois mouvements, c’était plié, vous désintégriez l’humanité et vous établissiez un nouvel âge des dinosaures !

Ensuite, on apprend que Pentecost est malade et qu’il n’en a plus pour longtemps… Ah non, attendez, en fait, ce n’est pas une surprise, vu qu’au début du film on le voit saigner du nez et qu’on comprend immédiatement qu’on va avoir droit à l’incontournable sacrifice final nécessaire pour mener à bien la mission, évidement précédé du petit discours patriotique gnangnan qui va bien.

Et ô stupeur, on a droit au sacrifice final nécessaire pour mener à bien la mission, évidement précédé du petit discours patriotique gnangnan qui va bien.

Mes biens chers frères, mes bien chères sœurs, reprenez avec moi tous en chœur #Eddy Mitchell: soupiiiiiiir. 

Gypsy Danger est un peu susceptible - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Au fond, ce que je trouve le plus décevant à propos de Pacific Rim, c’est qu’il ait été réalisé par Guillermo del Toro: si Roland Emmerich ou Michael Bay avait été aux manettes, je me serais probablement contenté de hausser les épaules et de me moquer en grignotant mon popcorn virtuel (oui parce qu’en vrai, je n’aime pas ça ^^). Mais lorsque le type derrière la caméra s’appelle Guillermo del Toro, je ne peux qu’être désappointée en me retrouvant face à un film de gros bourrin bourré (haha) de clichés et d’incohérences, et sans la moindre profondeur. S’il y avait un metteur en scène capable d’insuffler un peu de finesse dans un film traitant de robots géants qui se tatanent avec de grosses bébêtes issues du folklore japonais, c’était bien Guillermo. Certes, j’ai conscience qu’il s’agit d’un film de pur divertissement – cependant c’est également le cas de Hellboy, auquel del Toro a pourtant réussi à donner de la substance ainsi que de l’émotion. De la part de celui qui a écrit et mis en scène Le Labyrinthe de Pan, je m’attendais à un peu plus qu’un blockbuster estival sans âme, en dépit du sujet simpliste de ce dernier.

Je sais toutefois que le film se veut un hommage aux genres du tokusatsu (séries nippones reposant principalement sur les effets spéciaux) et du kaiju eiga (cinéma de monstres japonais) dont del Toro est fan depuis l’enfance – ainsi qu’à des séries telles que Goldorak, Evangelion et Patlabor. A l’exception de Goldorak, je ne suis pas familière de ces œuvres, pas plus que du kaiju eiga (mes références en la matière se limitent à Godzilla) et il est donc possible que je manque du background nécessaire pour totalement apprécier l’hommage qui leur est rendu dans Pacific Rim – hommage qui, selon les connaisseurs, est réussi. On m’a expliqué que ce sont des genres assez codifiés, et que certains des clichés et incohérences présents dans le film font justement partie intégrante de cet hommage (comme par exemple le coup de l’épée qu’on ne sort qu’en dernier recours). Cependant, j’ai l’impression que del Toro n’a pas vraiment renouvelé le genre et que Pacific Rim demeure un film assez impersonnel, qui n’a de surcroît rien de très original – même si lors de sa sortie, on a survendu le fait qu’il ne soit ni un remake ni une adaptation. 

En ce qui concerne l’aspect visuel, je n’ai pas trouvé le film particulièrement beau: là encore, c’est décevant de la part de Guillermo del Toro, sachant qu’en plus son directeur de la photographie était Guillermo Navarro, qui a également travaillé sur Le Labyrinthe de Pan et Hellboy (la seule scène que j’ai trouvé particulièrement marquante est celle du souvenir de Mako). Sinon, j’ai trouvé les séquences de combat confuses, mais comme c’est toujours le cas (je pense que c’est lié à mon souci d’orientation et de déplacement dans l’espace), il est probable que ça vienne de moi.

Des chœurs chantés par des kaijus dépressifs (la salle de musculation est fermée pour cause de travaux dus à la bombe que leur dimension s’est ramassée sur le coin de la figure) retentissent soudain, accompagnés par un air lugubre et lancinant, joué sur un violon grinçant comme les dents des fans de Charlie Hunnam lorsqu’ils liront ce que je m’apprête à dire sur celui-ci. 

Parlons des acteurs. Et commençons donc par Charlie, qui possède, je suis au regret de le dire, encore moins de charisme et d’expressivité que les Jaeger et kaijus en images de synthèse. Après, tout comme ses camarades, le pauvre se dépatouille comme il peut avec les dialogues indigents dont il a hérité. Idris Elba et Rinko Kikuchi s’en sortent mieux que lui (bon après, je suis incapable de dire du mal d’Idris Elba parce que je suis un peu amoureuse du monsieur). J’ai bien aimé Ron Perlman, même si son personnage a lui aussi « cliché » tatoué sur le front – et pareil pour Burn Gorman qui interprète l’un des scientifiques. Enfin, j’ai trouvé Mana Ashida, la jeune actrice qui incarne Mako Mori enfant, excellente: c’est la seule fois de tout le film où j’ai angoissé pour un personnage.

Raleigh et Mako combattant dans Pacific Rim - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Guillermo del Toro et blockbuster ne font donc pas, à mon sens, bon ménage. Toutefois, afin de terminer sur une note positive, je dois dire que j’ai apprécié qu’il n’y ait pas de romance – pas même de bisou final.

Ah et aussi il y a un fulguro-poing. Même que j’ai crié devant ma télé en le voyant !
Du coup, Guillermo, je t’accorde un bon point pour l’élément nostalgique.

Le parc de Jurassic World - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Jurassic World – Colin Trevorrow (2015)

Je suis suffisamment vieille pour avoir vu Jurassic Park à sa sortie au cinéma en 1993 et pour me souvenir de l’événement que ce fut à l’époque. J’adore ce film, que j’ai vu un nombre incalculable de fois – et j’apprécie également Le monde perdu because Jeff Goldblum (Ian Malcolm Forever) et Julianne Moore. Je tolère même le troisième opus parce que Sam Neill est adorable en Alan Grant. 

C’est donc avec enthousiasme que j’étais allée voir Jurassic World au cinéma à l’été 2015. Enthousiasme qui ne survécut malheureusement pas à la séance, que j’ai passée à pester intérieurement (et là, tous les gens qui sont un jour allés avec moi au ciné viennent de ricaner ^^) contre les talons hauts du personnage féminin principal.

Évidemment, si en dépit de ce détail horripilant, le film avait été bon, j’aurais mis de l’eau dans le vin de mon agacement talonnesque – mais comme ce ne fut pas le cas, j’ai saoulé tout le monde avec les godasses de Claire pendant des jours après l’avoir vu. 

Il y a quelques mois, voyant que Jurassic World était diffusé à la télé, j’ai décidé de lui donner une seconde chance, en me disant que cette fois-ci je ne focaliserais pas autant sur les talons de Bryce Dallas Howard.

Loupé.

J’ai encore bloqué sur ces fichus escarpins tout le long du film.

Film que j’ai trouvé tout aussi mauvais que lors de mon premier visionnage et qu’on pourrait résumer par Jurassic World, ou comment (mal) recycler presque tous les éléments du film originel, parce que ce que le public veut voir c’est du gros dino pas content qui aime bien boulotter des gens, alors on ne va pas non plus se fatiguer à écrire un scénario, hein.

Vous allez me dire que c’était la même chose dans Jurassic Park. Oui mais non. Dans Jurassic Park, on a un concept alors inédit, un cast génial, de bons dialogues, de l’humour et Laura Dern qui porte une tenue appropriée à la situation. Alors oui je sais, il est loin d’être parfait et comporte de nombreux défauts, mais j’avais 11 ans lorsqu’il est sorti et quand vous aimez un film à cet âge-là, c’est à vie, car vous continuez à le voir avec les yeux de la nostalgie.

En y réfléchissant, je pense que cette histoire de talons me sert d’exutoire pour exprimer mon immense déception devant le saccage d’une franchise que j’adore. Hollywood, sache que j’en ai marre que tu ruines mon enfance. 

Bienvenue à Juraswinga - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Vingt ans après avoir été imaginé par John Hammond, Jurassic Park, ou plutôt Jurassic World, est devenu une réalité et reçoit des milliers de visiteurs chaque année. Cependant, au fil du temps, l’intérêt du public s’amenuise, les gens n’étant guère plus impressionnés par les dinosaures…

Moi: Comment ça les gens ne sont plus impressionnés par des DINOSAURES ? A quel moment tu cesses d’être impressionné par une espèce aussi spectaculaire, qui plus est censée avoir disparu depuis 65 millions d’années, nom d’un iguanodon ? Je suis déjà impressionnée quand je vois des girafes ou des éléphants au zoo, alors des DINOSAURES ? Mais qu’est-ce que c’est que cette bande de blasés de la dinosaurerie ? Pour la peine, j’espère qu’ils se feront tous bouffer, tiens !

Indie: C’est fait. Ils se sont servis des figurants pour nous nourrir, les copines et moi, pendant le tournage.

Moi: Parfait. Ça leur apprendra. Oh et tiens Indie, puisque tu es là, laisse-moi te présenter.

Donc, vu que les gens sont apparemment devenus trop cool pour l’école et les dinosaures, les responsables du parc ont décidé de créer une nouvelle espèce, l’Indominus Rex. Lectrices & lecteurs du blog, voici donc Indie:

Indominus Rex, Indie de son petit nom - Jurassic World - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Indie est un super dinosaure : elle est plus grosse que le T-Rex, plus intelligente que le vélociraptor, et plus féroce que les deux réunis.

Indie: Oh Caro, arrête, tu vas me faire rougir ! Sinon j’ai une question : les gens qui te lisent, là, est-ce que je peux les manger ?

Moi: Non Indie, tu ne peux pas.

Indie: Pas même si j’ai un petit creux pendant l’article ?

Moi: Je t’interdis formellement de toucher à mon lectorat. Va plutôt boulotter celui des autres blogueuses.  

Indie en a marre de tourner en rond dans son enclos : elle décide alors de se la jouer Prison Break.

Indie: Je suis fan de la série ! Et j’ai un crush sur Michael Scofield.

Indie s’échappe donc et commence à bouffer tout le monde, ce qui embête un peu la directrice du parc, Claire Dearing (Bryce Dallas Howard), parce que 1) c’est mauvais pour les affaires 2) c’est justement ce jour-là que ses neveux sont venus lui rendre visite, et s’ils se font becqueter, elle va sacrément se faire enguirlander par sa sœur.

Stoppons quelques instants le déroulement de l’intrigue pour parler du traitement navrant du personnage de Claire. Claire a une carrière et n’est pas certaine de vouloir des enfants, ce qui est traduit à l’écran par : bonjour, je m’appelle Claire, je suis un cyborg obsédé par son boulot qui n’est pas près de recevoir le prix de la tante de l’année et qui en plus refuse de se servir de son utérus alors que ma sœur ne cesse pourtant de me répéter qu’avoir des enfants est la chose la plus merveilleuse au monde blablabla dégueulis de guimauve et de sexisme.

Inutile de vous dire que la childfree féministe que je suis s’est retenue de hurler.

RAAAAAAAAAAAAAAAAAAH.

Ah ben non, en fait je ne me suis pas retenue. Les scénaristes du film mériteraient d’être jetés dans le bassin du mosa – du dinosaure-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom.

Indie:  Ah merci. Je préfère. C’est encore un sujet sensible pour moi.

Où en étais-je ? Ah oui, Indie se carapate et Claire commence à se faire du mouron pour ses neveux qui sont quelque part dans le parc, car oui, ils nous ont refait le coup des mômes en goguette au milieu de la pampa pile au moment où les dinosaures ont décidé de manifester leur mécontement parce qu’on ne les nourrit pas assez en figurants. Malheureusement pour lesdits neveux ainsi que pour les spectateurs, les personnages de Zach et Gray sont beaucoup moins bien écrits et interprétés que ceux de Lex et Tim (Jurassic Park) qui étaient drôles et attachants (puis ce qui est surtout marrant avec Lex et Tim, ce sont leurs interactions avec Alan. Or il n’y a pas d’Alan dans Jurassic World. Reviens, Alan. Tu nous manques. Sans toi et Ian Malcolm, la vie jurassicparkienne ne vaut pas d’être vécue). Les neveux de Claire, eux, sont simplement des caricatures. Dommage qu’Indie n’ait pas réussi à les dévorer !

Indie: M’en parle pas. Le plus gros échec de ma vie de dinosaure. Entre ça et le coup de celle-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom, j’ai dû suivre une thérapie pendant des mois après le tournage.

D’ailleurs, aucun des personnages principaux n’est attachant et c’est l’une des raisons qui font que je n’ai pas aimé le film. Pour apprécier une œuvre de fiction, j’ai besoin d’être émotionnellement investie dans au moins un des protagonistes: or là, ils auraient tous pu se faire croquer que ça ne m’aurait fait ni chaud ni froid.

Owen dressant les raptors de Jurassic World - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Claire va donc demander de l’aide au dresseur de vélociraptors du parc, Owen Grady, incarné par Chris Pratt. Il y a 3 ans, j’avais écrit que je ne comprenais pas du tout l’engouement suscité par Chris Pratt que je trouvais plutôt fade et pas sexy pour une fiente de tricératops. Cependant, entre mes deux visionnages de Jurassic World, j’ai vu Guardians of the Galaxy… et j’ai changé d’avis au sujet dudit Chris. Du coup, cette fois-ci j’ai au moins eu de quoi me rincer l’œil.

Indie: Huhu. C’est vrai qu’il n’est pas mal le petit Owen. Mais il n’a d’yeux que pour ces vulgaires raptors.

Claire et Owen se mettent donc à crapahuter dans le parc à la recherche de Zach et Gray. Ce qui me ramène aux talons de Claire.

Alors oui je sais, je suis relou à ce sujet, mais il n’était quand même pas si compliqué d’écrire que ce jour-là, Claire portait un tailleur-pantalon (oui parce qu’en plus elle est en jupe) avec des ballerines ou une paire de derbies. Cela aurait été plus agréable pour les pieds de Bryce Dallas Howard (même si elle a déclaré que porter ces chaussures tout au long du film était une volonté de sa part) (soupir), ainsi que pour la santé mentale d’une certaine spectatrice. Et surtout cela aurait été évité d’ajouter un élément sexiste à ce film qui n’avait pourtant pas besoin de rab en la matière.

Rester féminine en se faisant courser par des dinosaures selon Claire - Pacific Rim & Jurassic World - Caro Bleue Violette

Mentionnons brièvement ce qui m’a le plus plu dans le film – les clins d’œil à Jurassic Park – et résumons rapidement le reste du film: péripétie prévisible, ptéranodons, péripétie prévisible, patin (roulage de), péripétie prévisible, placement de produit Pandora, péripétie prévisible, par ici T-Rex, péripétie prévisible, plouf, putain-dire-que-j’ai-payé-dix-euros-pour-ça.

Indie: Tu comprends pourquoi je n’ai pas rempilé pour la suite !

Moi: Parce qu’il va y avoir une suite?!

Indie: Oui, elle sort cet été… Caro ? Où tu vas ?

Moi: Mettre le feu à Hollywood ! 

34 réflexions au sujet de « Robots, dinos et talons hauts : Pacific Rim & Jurassic World »

  1. Hahahahaha j’adoooore !!!! J’ai vu Jurassic World aussi et pareil, les talons de Bryce Howard-Machin (elle a un nom à rallooooonge), ça m’a perturbée !!!
    Nan par contre le GROS point positif du film, c’est Chris Pratt qui est quand même bien sexy ! Et Indie a bien plus la classe que les deux mioches, dont j’ai d’ailleurs complètement oublié le visage c’est pour dire !!!

    • Les talons de Claire ont perturbé pas mal de spectateurs, surtout de spectatrices, d’après ce que j’ai lu à ce sujet en écrivant l’article.

      Je n’avais jamais vu Chris Pratt avant d’aller voir Jurassic World au ciné, et sur le moment je n’ai pas du tout été impressionnée par le monsieur. Mais Guardians of the Galaxy a changé la donne 🙂

      Et Indie te remercie du compliment ^^ !

  2. J’aime beaucoup ce format d’article, et les montages type romans-photos, j’espère que tu feras d’autres articles de ce type ! Je n’ai pas vu ces deux films et je ne les verrai sans doute jamais (c’est pas ce que j’aime) donc j’ai accepté de me faire spoiler 😀 !

    • OMG je n’avais pas percuté que ça fait effectivement roman-photo comme dans Nous Deux ! Du coup je suis morte de rire toute seule 😛

      Même en ayant été spoilé-e, je pense qu’on peut quand même les regarder, vu qu’ils sont tellement prévisibles que de toute façon on se spoile d’avance nous-mêmes au cours du film ^^

      Et merciiiiiii (merci aussi pour le RT) ♥

  3. On a un peu survolé les parties qui parlent de Jurassic World pour ne pas trop se faire spoiler et parce qu’il faut vraiment qu’on aille le voir , mais ton article est vraiment amusant. 🙂

  4. J’adore ton article, il m’a trop fait rire ! J’ai vu les 2 films dans de mauvaises conditions et dans un état de fatigue avancée, mais même comme ça je les avais aussi trouvés bien mauvais…

    • Merci Magali !

      Je pense que l’humeur du moment joue toujours un peu dans notre appréciation d’une oeuvre ^^

  5. J’ai vu aucun des 2 films mais j’ai beaucoup rigolé!!
    Welcome Back Caronou !! ❤
    Et j’ai vu le dernier Guillermo del Toro, La forme de l’eau. J’ai beaucoup beaucoup beaucoup aimé!!

    • Merci Eminou ♥

      Je n’ai pas encore vu The Shape of Water mais il a l’air superbe. J’adore Sally Hawkins. Et d’après ce que j’en ai vu, ça ressemble à du Guillermo ^^

      • Elle joue incroyablement bien!
        Bon j’admets que des scènes violentes m’ont pas mal chamboulée mais du coup ça prouve que le rendu est saisissant
        Hâte de continuer à te lire!

        • Sally a d’ailleurs été nommée à l’Oscar de la Meilleure Actrice et même si je n’ai pas encore vu le film, je voulais trop qu’elle gagne ^^ (mais c’est Frances McDormand – dont au passage j’ai adoré le discours de remerciement – qui l’a eu).

          Et merci <3

  6. J’aime beaucoup Bryce Dallas Howard, mais les talons c’était pas très intelligent. Heureusement que le charme de Chris Pratt était là !
    J’ai vu Pacific Rim il y a des siècles mais ton récap m’a bien fait rire X)

    • J’aime bien Bryce Dallas Howard aussi mais la pauvre n’a pas été aidée avec ce rôle. J’espère qu’elle va laisser tomber les escarpins dans la suite ^^

      Ravie de t’avoir fait rire !

  7. Mouahahahah j’ai adoré ton billet. Bon, je n’ai jamais vu Pacific Rim (mais bon vu comment tu en parles, je vais éviter) mais j’avais plutôt apprécié le dernier Jurassic World (par contre le prochain qui sort a l’air d’être une grosse bouse, oui, oui pire que celui-là) même si c’est clair que ça n’a pas la saveur de la série de films originale !

    • Pacific Rim peut être fun à regarder un soir où tu es fatiguée ou stressée et où tu n’as pas trop envie de te prendre la tête. Avec quelqu’un pour bitcher sur le film !

      Je n’ai pas encore osé regarder le trailer de Jurassic World 2, mais ce qui est sûr c’est que j’attendrai qu’il passe à la télé pour le regarder ^^.

    • Merci, contente de t’avoir fait rire 🙂

      Dans Pacific Rim, c’est le coup de la super-épée qu’ils ne sortent qu’après que tous les autres se soient fait massacrer qui m’a tuée !
      Genre ils ne pouvaient pas commencer par ça ?!

      Et dans Jurassic World c’est quand Claire court en talons devant le T-Rex ^^

      • Pacific Rim, je me demande si le 2 il sera aussi perché u.u

        Dans Jurassic, les talons c’était n’importe quoi franchement genre les dinosaures vont se dire « Non mais on va pas la manger elle a des talons.. »

        • C’est dur à digérer les talons ! XD

          Oh purée c’est vrai qu’il y a un Pacific Rim 2 qui sort ce mois-ci. Donc en plus le sacrifice final du 1 n’aura servi à rien vu que les bestioles sont toujours en vie ^^

  8. Pétard mais t’as posé 6 semaines de congés pour cet article ! 😀
    Si tu veux du Guillermo pas bourrin file voir La forme de l’eau ! C’est spécial mais très beau et poétique (enfin j’ai trouvé hein !)
    Mais nooon Chris Pratt n’est pas fade ! (go Gardiens de la galaxie) (haha c’était la suite de ton article ! Oui j’écris au fur et à mesure que j’avance dans la lecture !)
    Perso c’est aussi l’ado que j’ai eu du mal à supporter… Mais ça ne peut pas m’empêcher d’apprécier un film de dinos ! (je te dis que j’ai failli chialer quand j’ai vu le tricératops au musée du cinéma à Lyon ?)

    • Haha, ce qui est le plus long à faire ce sont les visuels (surtout quand tu es aussi douée que moi et que tu fermes plusieurs fois Canva par inadvertance alors que tu n’as pas enregistré le travail en cours ^^), les conneries s’écrivent curieusement toutes seules ! XD

      The Shape of Water est sur ma to-watch-list. Et oui Chris Pratt est chouette dans Guardians of the Galaxy, même si mon gros coup de cœur dans ce film a été pour Groot ! Faut que je regarde le deuxième film, d’ailleurs.

      Je comprends tout à fait pour le tricératops, c’est mon dinosaure préféré justement à cause de cette scène dans Jurassic Park 🙂

      • Aaaah Groot, grande fan par ici ! J’en ai plusieurs autour de moi et j’ai même un original d’un pote dessinateur !
        (le second opus est tout aussi bon ! enfin je crois que je peux pas ne pas aimer en fait 😀 )

  9. Je n’ai vu aucun des deux films mais là franchement tu m’as donné envie de voir Jurassic World, surtout pour voir Bryce machin chose en talons ! J’ai vu les trois premiers Jurassic (à vrai dire, je ne me souviens que du premier), lu les romans de Crichton et depuis Guardians of the Galaxy, j’ai un faible pour la coolitude de Chris Pratt (mais je préfère aussi Groot… et Rocket) du coup je me demande pourquoi je n’ai toujours pas vu ce film ! Et continue à faire des articles comme ça, ça me fait vraiment glousser ! 😀

    • Loool en fait les talons de Claire sont la véritable attraction de ce film ! Indie va être jalouse ^^

      Je plussoie la coolitude de Chris Pratt. Groooooot <3
      Rocket est hilarant.

      Et merciiiii, j'adore quand mes idioties font marrer les gens ♥

  10. Je rejoins totalement ton avis sur Pacific Rim ! Mais j’avoue que, même si beaucoup de choses m’ont fait grincer des dents, je suis plus indulgente avec Jurassic World… Pourquoi je ne sais pas, parce que y a VRAIMENT beaucoup de choses qui m’agacent (notamment les célèbres talons), mais j’arrive à le regarder avec plaisir… En tout cas, j’ai beaucoup ri à la lecture de ton article ! Merci pour ta fraîcheur et ton humour !

    • Pour Jurassic World, je pense que la nostalgie pour le film d’origine doit pas mal jouer. Et c’est pareil pour Pacific Rim pour ceux qui étaient fans de séries japonaises quand ils étaient enfants – d’ailleurs ainsi que je le dis dans l’article, moi-même j’étais ravie de voir le clin d’oeil au fulguro-poing de Goldorak dans le film ^^

      Je suis contente de t’avoir fait rire ! Et merci beaucoup !

Dites un truc chouette, un truc à paillettes, un truc qui fait des claquettes ou même un truc qui n'a ni queue ni tête :-)