Apocalipstick et autres lectures

Où je vous parle de 4 romans de chick-lit’/romance respectivement lus en 2012 pour le premier et 2013 pour les trois autres. Les chroniques ont initialement été publiées sur les V1 et V2 du blog. 

Couvertures d'Apocalipstick de Charlotte Marin et de All I Ever Wanted de Kristan Higgins

Apocalipstick – Charlotte Marin. Ecriture, doublage, chanson et comédie : Charlotte Marin porte plusieurs casquettes et elle le fait plutôt bien ! J’ai découvert cette artiste drôlissime en 2011 lorsqu’une amie m’a recommandé son second album, Trentenaire à vif, dont les chansons s’apparentent à de véritables mini-sketchs et que je vous recommande !

Dans Apocalipstick, son premier roman, elle nous raconte l’histoire de Charlotte Madère, « subtil mélange entre malheur et galère » . Il faut dire que l’existence de Charlotte n’est pas de tout repos : la jeune femme se fourre en permanence dans des situations dignes d’un vaudeville et mène une vie sentimentale mouvementée. Charlotte a en effet le chic pour craquer sur des hommes déjà pris, que ce soit Richard, qui lui promet de quitter sa femme depuis trois ans, ou Martin qui est fiancé.

A la fois déjantée (avec ses idées loufoques et ses répliques tordantes) et naïve, Charlotte est une héroïne drôle et émouvante. On décèle en elle un petit côté paumé et névrosé dissimulé derrière un sens de l’humour et de la dérision exacerbé qui la rend très attachante. Alors certes l’histoire en elle-même est banale mais le rythme est enlevé (ça envoie la saucisse, comme dirait Charlotte) et à mon grand plaisir, j’ai retrouvé dans Apocalipstick le même humour décapant, et parfois un peu trash, que dans Trentenaire à vif

Deux autres petits bémols. D’abord, la brièveté du roman qui ne permet pas un vrai développement des personnages, surtout les secondaires. Ensuite, le cliché utilisé à la fin, digne d’une comédie romantique hollywoodienne, ne fonctionne pas du tout et sonne plutôt artificiel. Cela dit, c’est frais, léger, on se marre et on passe un bon moment ! Et moi qui prie souvent Sainte Rita (la patronne des causes désespérées), j’ai adopté le mantra de Charlotte que j’ai adoré : Sainte Rita, si t’as deux minutes, pense à moi, fais pas ta p*te !

 

All I Ever Wanted – Kristan Higgins. Calliope Grey, dite Callie, est amoureuse de Mark son patron et ami d’enfance avec lequel elle a eu une brève liaison l’année précédente. Mais Mark sort désormais avec une autre et, le jour de ses 30 ans, Callie décide qu’il est temps pour elle de chercher l’amour ailleurs. C’est justement à ce moment-là qu’un nouveau et séduisant vétérinaire, Ian McFarland, débarque en ville.

Alors oui, All I Ever Wanted est une énième histoire de trentenaire désespérée par son célibat persistant… mais c’est une histoire de trentenaire désespérée par son célibat persistant réussie ! La narration de Callie est hilarante, tout comme le sont ses péripéties ; c’est bourré de personnages aussi hauts en couleur qu’attachants, à commencer par la famille de Callie ; et on y croise un garçon qui fabrique des objets à base de cheveux humains, un rocking-chair qui représente beaucoup pour notre héroïne, Michelle Obama et Betty Boop, ainsi qu’un dindon hystérique.

Bref, c’est très bien écrit, vraiment drôle, hyper couinant et même un peu chouinant à cause d’une fin pleine d’émotion – et c’est sorti en français sous le titre de L’amour et tout ce qui va avec !

Couvertures de Notting Hill with Love Actually d'Ali McNamara et The Greatest Love Story of All Time de Lucy Robinson.

Notting Hill with Love…Actually – Ali McNamara. Cinéphile, Scarlett O’Brien est particulièrement friande de comédies romantiques, surtout de celles avec Hugh Grant, sa favorite étant Coup de foudre à Notting Hill. Il faut dire qu’elle mène une existence assez monotone qui n’a rien d’hollywoodien. Si encore son entourage la laissait fantasmer en paix ! Mais non, ils lui reprochent constamment son obsession pour le cinéma en lui affirmant que cela la coupe de la réalité. Ayant besoin de faire un break, Scarlett accepte de garder une maison située dans le quartier de Notting Hill avec la ferme intention de prouver à ses proches qu’il est parfaitement possible de vivre des « instants-ciné » dans la vraie vie. Elle y fait la connaissance de Sean et réalise rapidement que ce dernier lui plaît… alors qu’elle est censée épouser son fiancé David dans quelques semaines !

Autant le dire tout de suite, Notting Hill with Love…Actually n’est pas franchement bien écrit et son principal intérêt réside dans les nombreuses références cinématographiques qu’il contient, celles qu’on nous donne et celles qu’il peut être amusant de chercher à identifier : beaucoup de scènes sont en effet calquées sur des passages de comédies romantiques. Néanmoins, l’auteur n’a pas suffisamment joué sur les codes de la romcom à mon goût ; de plus, ce thème est parasité par une intrigue secondaire concernant la mère de Scarlett qui alourdit inutilement le récit. Pour finir, j’ai trouvé les personnages de Scarlett et Sean assez insipides.

Bref, le pitch de départ était prometteur mais l’auteur n’a pas su exploiter correctement son idée et son hommage aux comédies romantiques est raté !

 

The Greatest Love Story of All Time – Lucy Robinson. La plus grande histoire d’amour de tous les temps, c’est justement ce que Frances O’Callaghan pensait être en train vivre depuis deux ans avec le beau et brillant Michael Slater… jusqu’à ce que dernier lui impose brusquement une pause de trois mois sans explication. Effondrée, Fran resterait bien à végéter au fond de son lit sous le regard dédaigneux de Duke Ellington (son chat psychopathe), mais ses trois meilleurs amis l’en extirpent en mettant au point un plan pour l’aider à traverser cette période difficile : Fran devra se rendre à un rendez-vous avec huit hommes différents avant d’éventuellement se remettre avec Michael si celui-ci décide de revenir. La jeune femme trouve d’abord cette idée stupide mais lorsqu’elle découvre que Michael a apparemment une nouvelle femme dans sa vie, elle accepte de jouer le jeu et s’inscrit sur un site de rencontres.

J’ai bien aimé cette histoire aux accents indubitablement bridgetjonesiens : Fran, la narratrice, partage en effet le côté catastrophe ambulante, le don de se fourrer dans des situations pas possibles et le manque d’estime de soi de la plus emblématique des héroïnes de chick lit. A 30 ans, Fran est pourtant une journaliste télé prometteuse mais qui souffre d’un complexe d’infériorité que le fait d’être avec Michael a augmenté : la jeune femme vénère son petit ami depuis leur rencontre et ne s’est jamais trouvée assez bien pour lui, au point de mettre sa propre personnalité en sourdine sans en avoir véritablement conscience. Un fait qui n’a cependant pas échappé à Leonie (la meilleure amie de Fran depuis l’enfance), Dave (son cameraman et meilleur pote) et surtout Stefania (sa fantasque voisine) qui est l’instigatrice de ce fameux plan des huit rendez-vous.

Bien entendu, on comprend assez vite – en tout cas bien plus rapidement que Fran – à quoi tout cela rime mais en attendant que Fran percute, c’est avec amusement qu’on la regarde s’embarquer dans une série de rencards calamiteux, tout en essayant de retrouver les bonnes grâces de son patron qui ne voit pas d’un très bon œil qu’elle passe tout son temps à espionner sur Internet la nouvelle petite copine de Michael au lieu de travailler. De plus, on ne peut qu’adhérer qu’à la morale de ce récit : l’important c’est d’être avec quelqu’un qui nous accepte exactement tels que nous sommes… bref je conseille (il est sorti en français sous le titre de La plus belle histoire d’amour) !

Dites un truc chouette, un truc à paillettes, un truc qui fait des claquettes ou même un truc qui n'a ni queue ni tête :-)