The King’s Speech – Le discours d’un roi

Film vu et chroniqué en 2011 sur la V1 du blog

Le Discours d’un roi relate le combat mené par le duc Albert d’York (futur George VI), fils cadet du roi George V, contre le bégaiement dont il est affligé depuis l’enfance. Combat qui devient crucial à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, lorsqu’Albert, se retrouvant sur le trône suite à l’abdication de son frère aîné Edward VIII, doit délivrer à son peuple un discours d’entrée en guerre. Pour cela, il fait appel à un orthophoniste aux méthodes peu orthodoxes, Lionel Logue.

Colin Firth dans The King's Speech

Avant de parler du film, je tiens à vous donner un ordre (oui, carrément 😀 ) : il faut impérativement le voir en VO, parce qu’aucun doublage, aussi réussi soit-il, ne peut rendre justice aux caractéristiques « vocales » du film – si vous l’avez déjà vu, vous comprenez ce que je veux dire et si ce n’est pas le cas… version originale o-bli-ga-toi-re !

Ce que j’ai beaucoup aimé dans The King’s Speech, c’est sa façon de raconter un pan de l’Histoire à travers un fait anecdotique : le bégaiement du duc d’York. Le combat que ce dernier mène contre son défaut d’élocution comporte un enjeu bien plus grand que de simplement parvenir à s’exprimer de manière intelligible : en effet, la Grande-Bretagne vient d’entrer en guerre contre deux pays dirigés par de brillants orateurs, Hitler en Allemagne (on voit d’ailleurs des images d’archive d’un discours de ce dernier) et Mussolini en Italie. Or on le sait, en temps de guerre, il est important pour un peuple d’avoir un leader charismatique qui sait comment le galvaniser et le maintenir soudé. C’est pour cela qu’il est crucial pour George VI de réussir ce fameux discours.

Justement, parlons-en de George VI. En regardant le film, j’ai été frappée par le fait que c’est probablement l’un des monarques anglais que l’on connaît le moins, alors que c’était tout de même lui qui était à la tête de la Grande-Bretagne durant la Seconde Guerre Mondiale – mais c’est le nom de Winston Churchill, son Premier Ministre, que la postérité a surtout retenu. Il est vrai que George VI semble avoir été quelqu’un de timide et de discret, qui n’aimait pas être exposé ; et en cela, le rôle de fils cadet devait très bien lui convenir. Ensuite, son accession au trône a été éclipsée par l’abdication de son frère et le scandale que la relation que celui-ci entretenait avec Wallis Simpson provoquait ; de plus, son règne a été bref, à peine 15 ans (il est décédé d’un cancer du poumon en 1952 – dans le film, on le voit d’ailleurs fumer comme une cheminée !). Enfin, son court règne a été depuis éclipsé par celui de sa fille, Elizabeth II, seul monarque anglais que la plupart d’entre nous ayons connu et certainement le plus médiatisé puisque sur le trône depuis plus de 60 ans. Pauvre George VI, destiné à rester dans l’ombre – et pourtant, quel personnage intéressant, si l’on en juge par ce Discours d’un roi !

Colin Firth et Helena Bonham-Carter dans The King's Speech

The King’s Speech possède selon moi deux atouts majeurs justifiant à eux seuls qu’on se précipite dessus : son humour et son casting. J’ai gloussé pratiquement du début à la fin : la plupart des répliques et des situations sont hilarants – à noter la grande qualité des dialogues, merveilleusement bien écrits. Quant au casting, que dire ? Helena Bonham-Carter (Elizabeth, l’épouse d’Albert) nous prouve ici qu’elle excelle autant dans des rôles « sobres » que dans des rôles d’excentriques. Geoffrey Rush est génial en acteur raté reconverti en orthophoniste aux méthodes atypiques (les scènes  d’exercices de diction entre Colin Firth et lui sont les meilleurs moments du film). Quant à Colin Firth, il ne m’a jamais autant émue que dans ce rôle. Sans jamais cabotiner, il n’en fait ni trop ni pas assez : il est tout simplement parfait. Il est tout à tour drôle, emporté, émouvant ; tout en ne se départant jamais de cette élégance et cette classe naturelle qui le rendent crédible dans son rôle de roi ; et tout cela, sans perdre une once de son charme habituel ! 

2 réflexions au sujet de « The King’s Speech – Le discours d’un roi »

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